Natalia Korotkova, doctorante en marketing, IAE Université Toulouse 1 Capitole, boursière du gouvernement français.
Je suis doctorante en marketing au Haut Collège d’Economie (Moscou, Russie). Je fais une thèse en cotutelle avec l’université de sciences sociales à Toulouse. Dans le cadre de ma recherche j’étudie les formes de coopération avec les consommateurs lors la création de nouveaux produits.
C’est difficile de raconter en quelques lignes la préparation de la cotutelle internationale de thèse. Mais le fait que j’ai pu élaborer la cotutelle est la preuve que c’est faisable.
Au début rien n’était certain. Le professeur de l’université de Toulouse a accepté de diriger ma thèse, mais il me fallait trouver un financement pour ma recherche. Je me suis adressée à l’Ambassade de France en Russie. J’ai rempli le dossier pour une bourse de cotutelle de thèse. Le plus difficile était signer la convention de cotutelle. Il fallait produire un document qui va satisfaire les deux parties – les russes et les français. Vu que les standards et les exigences sont différents, c’était difficile. Il fallait donc commencer à préparer cette convention bien en avance, pour avoir du temps pour des nombreuses itérations entre l’université russe et française.
Je me suis inscrite en thèse à Moscou en novembre 2007, puis j’ai déposé le dossier pour une bourse en mars 2008, et début mai j’ai appris que la bourse m’a été accordée.
Ma connaissance avec Toulouse a commencé en janvier 2009. Je suis partie pour mon premier séjour de 6 mois. Quand je suis arrivée à Toulouse, je ne connaissais personne à part mon directeur de thèse. Ma vie au début était très monotone : la bibliothèque, la faculté, la résidence universitaire. Ensuite je me suis inscrite à la salle de sport. Les doctorants de mon laboratoire m’ont très bien accueilli. Ils m’ont expliqué comment se passe le contrôle d’études et m’invitaient systématiquement à manger ensemble au restaurant universitaire. Quand je préparais des articles ou des communications pour les ateliers doctorales, ils faisaient la relecture de mes textes. C’était très utile pour moi pour améliorer mon français et aussi pour apprendre à produire les textes scientifiques. Mon directeur de thèse français me donnait systématiquement des rendez-vous, et on discutait de la thèse. Les exigences en France et en Russie étaient très différentes. Les russes apprécient beaucoup les apports managériaux, tandis que les français accordent beaucoup d’attention aux contributions théoriques et méthodologiques. Comme mon sujet de thèse était très peu étudié en Russie, je me suis focalisée sur la revue de la littérature.
La bibliothèque universitaire était très grande. Les doctorants avaient accès aux différentes bases de données. La bibliothèque organisait systématiquement les ateliers pour expliquer comment faire la recherche bibliographique.

Quelques semaines plus tard j’ai reçu un message de CROUS qui m’a invité au WE de ski dans les Pyrénées. Je n’ai jamais fait du ski de montagne avant, mais j’ai décidé d’y aller quand même. C’était la décision du siècle pour moi ! Il y avait une quarantaine d’étudiants, et nous avons compté 15 nationalités différentes ! Il y avait les gens qui, comme moi, n’ont jamais fait du ski. Il y avait même les gens qui n’ont jamais vu de la neige. Mais comme l’ambiance était très amicale et décontractée, tout s’est très bien passé. Nous avons appris beaucoup sur les différentes cultures. Finalement c’est lors ce week-end du ski que j’ai trouvé les amis avec lesquelles j’ai gardé la relation lors mon séjour a Toulouse. Ils étaient tous de différentes nationalités. Ma meilleure copine était d’Argentine et elle préparait sa thèse en psychologie. J’ai aussi deux copines vietnamiennes, un ami algérien, un ami pakistanais. Plus tard j’ai fait aussi connaissance avec mes voisins à la résidence universitaire.
Je pense que le pays c’est tout d’abord les gens. C’est bien d’aller en voyage touristique pour adorer l’architecture et les paysages d’un pays. Mais il est possible de connaître un pays lors la communication avec les gens. J’ai passé quelques mois à Toulouse, mais non seulement j’ai connu la France, mais aussi l’Argentine, le Vietnam, l’Algérie, et beaucoup d’autres pays.
Je pense que c’était le plus important pour moi lors mon séjour en France. A part les études, bien sûr !