Voeux à la presse à l’Ambassade

Vœux à la presse - Discours de l’Ambassadeur

Chers amis,

Mon épouse et moi-même sommes particulièrement heureux de vous retrouver ce soir pour vous souhaiter nos meilleurs vœux de bonheur et de succès pour l’année nouvelle.
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Comme l’a récemment souligné le Président de la République en recevant le corps diplomatique à Paris, les relations internationales se déploient dans un contexte marqué par de profonds bouleversements, dont il faut bien prendre la mesure.

Le monde est plus dangereux qu’il ne l’a jamais été depuis la fin du second conflit mondial. Nous faisons face à une montée de la violence, à l’apparition d’un terrorisme aveugle qui s’attaque aux fondements mêmes de nos sociétés modernes et démocratiques.

A cela s’ajoute à la poursuite de conflits sanglants, au Proche et Moyen-Orient notamment, mais aussi en Afrique et en Europe.

Dans le même temps nous assistons à une montée des nationalismes et populismes, qui remettent en cause des droits et des libertés parmi les plus fondamentaux pour nous tandis que le dialogue multilatéral est au point mort en matière de désarmement et que le Conseil de sécurité de l’ONU est trop souvent bloqué par le veto d’un membre permanent.

Le Président Hollande l’a dit « La France est un pays qui a une responsabilité dans le monde, qu’elle tient de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité, mais qu’elle tient surtout de son histoire, de sa place et également de sa volonté de contribuer au développement, à la sécurité et à la paix ».

C’est pourquoi elle est au premier rang, depuis longtemps, de la lutte contre toutes les formes de terrorisme – qui a frappé encore la France et la Russie en 2016.

Je voudrais à cet égard, devant vous, représentants des médias, rendre hommage, deux ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, aux dizaines de journalistes morts à travers le monde (74 en 2016) ou victimes d’arrestations et de persécutions (259 emprisonnés aujourd’hui).

Ces chiffres terribles nous rappellent combien il reste à faire pour protéger et promouvoir partout, y compris sur notre continent, la liberté d’expression et donc la liberté tout court.

Face au terrorisme, la France prend ses responsabilités sur tous les théâtres, y compris sur le plan militaire.

En Syrie, on compte plus de 350.000 victimes, des millions de réfugiés et de déplacés, des crimes de guerre ont été commis, des armes chimiques ont été utilisées. Leurs auteurs rendront des comptes.

La France a voté aux Nations Unies la résolution portée par la Russie à la suite du cessez-le-feu qu’elle a proposé avec la Turquie. Mais les négociations doivent se poursuivre au plus vite sous l’égide des Nations Unies dans le cadre qui a été fixé dès 2012 à Genève.

En Irak, nous soutenons militairement les efforts pour libérer Mossoul, en épargnant les populations civiles, comme nous soutenons en Syrie les efforts pour anéantir Daech à Raqqa.

La France a aussi pris l’initiative d’une conférence sur le Proche Orient qui s’est tenue le 15 janvier à Paris, pour réaffirmer le soutien de la communauté internationale à la solution des deux Etats. La route est longue, mais nous ne nous découragerons pas.
Au Mali, nous sommes intervenus en janvier 2013 et nous avons pu éviter que ce pays tombe aux mains des djihadistes.

Attachée à sa souveraineté, la France affirme son indépendance, dans le respect de ses alliances et en coopération étroite avec ses partenaires de l’Union européenne.
C’est le contraire de l’isolement, du repli, du protectionnisme.

L’Europe a affronté bien des crises : la dette grecque, l’afflux de réfugiés, le Brexit. Dans le contexte de la célébration cette année des 60 ans du Traité de Rome, toutes les conséquences en seront tirées pour déterminer ce que sera l’avenir de l’Union à 27. Il ne faut pas oublier que l’Union européenne s’est vue attribuer le prix Nobel de la Paix en 2012.

Avec l’Allemagne en premier lieu, nous devons redéfinir une perspective de paix, de justice, de solidarité et de sécurité pour les Européens, fondée sur les valeurs de démocratie et de liberté qui nous unissent et dans le respect des différences entre les Nations.

Chers amis,

Sur le plan bilatéral, nous célébrons en 2017 le 300ème anniversaire de la « grande ambassade » de Pierre le Grand en France, qui a marqué le début de nos relations diplomatiques, comme de nos relations scientifiques, puisqu’il fut fait membre de l’Académie des sciences.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Sur le plan politique, le Président de la République a souligné que « La Russie est (…) un partenaire pour la France, du fait de l’amitié ancienne entre nos deux peuples et des intérêts que nous partageons. »

Pour autant, « si le dialogue est essentiel, il doit aussi être sans concession sur nos intérêts et sur nos principes ; il ne suffit pas de répéter à l’envi qu’il faut parler à la Russie, puisque nous ne cessons de le faire, les problèmes ne disparaissent pas dès lors que nous en parlons, ce serait tellement simple. Il n’y a pas de diplomatie verbale, il y a une diplomatie active ».

A l’Est de l’Europe, les principes qui fondaient la sécurité collective depuis 70 ans ont été remis en cause avec l’annexion illégale de la Crimée. Il faut en sortir, par le dialogue et par l’action.

C’est la logique des accords de Minsk, promus par la France et l’Allemagne. Ils tardent à être appliqués mais la France ne renonce pas. C’est essentiel pour les Ukrainiens aussi pour nos relations avec la Russie : les sanctions ne seront pas levées tant que les accords n’auront pas été clairement appliqués par toutes les parties.

Malgré les difficultés, nous avons maintenu un dialogue politique intense, le rythme des rencontres et des contacts est resté soutenu, notamment entre le Président Hollande et le Président Poutine.

De très nombreuses visites ministérielles ont eu lieu : depuis novembre 2015, c’est la moitié du gouvernement français qui s’est rendu à Moscou, dont le ministre des affaires étrangères à plusieurs reprises bien sûr ainsi que le Ministre de l’économie et des finances.

Sur le plan économique, malgré la crise économique russe, les entreprises françaises maintiennent leur activité, gagnant des parts de marché et se plaçant en 2014 et 2015 comme le premier investisseur étranger en Russie.

En mars, nous réunirons de nouveau le Conseil économique financier industriel et commercial (CEFIC), et nous recevrons à nouveau plusieurs délégations parlementaires et régionales de haut niveau.

La France reste la première destination touristique mondiale (85 millions de visiteurs en 2016) et nous constatons avec joie le retour des touristes russes dans notre pays.
Nous renouvellerons cette année l’opération gastronomique « Goût de France au cours de laquelle des restaurants partenaires russes serviront le 21 mars un repas français ».

Pour la deuxième année consécutive, la fête franco-russe organisée le 14 juillet a rassemblé en 2016 plus de 10.000 personnes.

Vous êtes aussi nombreux à couvrir les événements culturels et vous connaissez donc l’immense succès de nos opérations en 2016 : à Paris les expositions Chtchoukine (Fondation L. Vuitton) et la donation d’art contemporain russe à Beaubourg, à Moscou l’exposition « Fleuve Congo » du Quai Branly, A. Marquet, le Musée imaginaire de Malraux ; l’année franco-russe du tourisme culturel, en particulier l’initiative unique de jumeler des monuments français et russes.

En mars 2017, nous aurons l’extraordinaire exposition « Saint-Louis et les reliques de la Sainte-Chapelle ». Nous fêterons également cette année les 25 ans du Festival Tchekhov, qui a, durant toutes ces années, donné lieu à plus de 50 spectacles et 250 représentations françaises sur les scènes moscovites et régionales. Cette année 5 spectacles français seront à l’affiche.

Enfin, les traditionnels festivals du cinéma, organisés dans les régions par l’Alliance Française dans plus de 20 villes, continueront à se tenir cette année.
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En attendant de nous retrouver à l’occasion de tous ces rendez-vous, je vous souhaite à tous une excellente année 2017 et, pour bien la commencer, une bonne soirée !

publié le 13/02/2017

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