Terrorisme - Conférence de presse de Laurent Fabius

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Bien sûr, il faut lutter au maximum et collectivement contre Daech. En ce qui nous concerne nous le faisons déjà depuis un an en Irak avec plus de 60 États. Et plus récemment en Syrie, puisque vous savez que dimanche dernier des avions français ont frappé un camp d’entraînement de Daech.

Tous ceux qui veulent nous rejoindre dans cette action contre le groupe terrorisme Daech sont les bienvenus - je suis clair - mais à trois conditions qui sont les conditions de l’efficacité.

La première condition c’est que les frappes doivent être dirigée contre Daech et contre les groupes terroristes seulement, à l’exclusion des civils et des opposants modérés, qui eux défendent courageusement une vision de la Syrie qui est la nôtre. C’est-à-dire une Syrie démocratique, unie, qui respecte toutes les communautés. Il faudra vérifier si les frappes russes intervenues aujourd’hui respectent ou non cette première condition.

Deuxièmement, il faut mettre fin aux bombardements des populations civiles, qui sont absolument terribles, avec des barils d’explosifs qui sont lâchés depuis des hélicoptères et de la chlorine. Ce sont ces violences commanditées par Bachar al -Assad qui alimentent pour l’essentiel l’extrémisme et les flots de réfugiés. Donc la deuxième condition c’est que ces bombardements avec des barils d’explosifs et de la chlorine doivent cesser.

Enfin la troisième condition, si on veut être efficace, c’est qu’il faut traiter la crise à la racine : il faut une transition de nature politique, qui dise clairement au peuple syrien que son bourreau - c’est-à-dire Monsieur Bachar al Assad - n’est pas son avenir. C’est ce que nous appelons la transition de sortie, et nous en connaissons les paramètres : c’est le fameux communiqué de Genève de juin 2012. Nous connaissons aussi les acteurs. Nous voulons donc que soit engagée une large négociation, sous l’égide de l’envoyé spécial des Nations unies, Monsieur de Mistura. Probablement cette négociation pourrait être placée sous le contrôle d’un groupe de contact dont le noyau pourrait être le P5, c’est-à-dire les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, élargi à des partenaires régionaux clés.
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publié le 08/10/2015

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