Syrie : Rapport du mécanisme d’enquête sur les armes chimiques

Paris, le 25 août 2016

Déclaration de M. Jean-Marc AYRAULT, ministre des Affaires Étrangères et du Développement International
SYRIE - RAPPORT DU MECANISME D’ENQUETE ET D’ATTRIBUTION SUR L’EMPLOI D’ARMES CHIMIQUES

Le 24 août 2016, le mécanisme d’enquête et d’attribution sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie, établi par la résolution 2235 du conseil de sécurité, a publié un rapport qui confirme que le régime de Bachar Al Assad a utilisé, au moins à deux reprises, à Talamen, en avril 2014, et à Sarmin, en mars 2015, des armes chimiques contre la population syrienne. Une autre attaque, à Marea en août 2015, est attribuée à Daech. Par ailleurs, sur trois autres incidents, à Kafr Zita en avril 2014, à Qmenas et à Binninsh en mars 2015, le mécanisme est également proche d’aboutir à l’établissement d’une responsabilité du régime, sous réserve d’investigations complémentaires.

Par son travail que je salue, un mécanisme des Nations unies, créé et mandaté par le conseil de sécurité, s’est prononcé pour la première fois sans ambiguïté sur les acteurs impliqués dans les attaques chimiques en Syrie. Il confirme ainsi l’horreur absolue d’un conflit qui a fait plus de 300 000 morts et que la France n’a cessé de dénoncer, avec le recours à tous les moyens par le régime, comme par Daech, qui font preuve d’une même abjection lorsqu’il s’agit de terroriser et massacrer la population syrienne de manière systématique. L’utilisation d’armes chimiques, que les autorités syriennes s’étaient engagées à proscrire en adhérant en 2013, sous la pression de la communauté internationale, à la convention sur l’interdiction des armes chimiques, est une abomination qui met en lumière le rôle accablant joué par le régime de Damas dans la détérioration continue de la situation en Syrie. Elle appelle une réaction à la hauteur de sa gravité. En conséquence, il appartient au conseil de sécurité de prendre ses responsabilités. La France y travaille d’ores et déjà avec ses partenaires.

Au-delà, cette confirmation de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie exige une mobilisation accrue pour ouvrir enfin une perspective de paix en Syrie. Alors que les violences se poursuivent, notamment à Alep, il est plus que jamais urgent de mettre en œuvre une véritable cessation des hostilités, de permettre un accès des populations civiles à l’aide humanitaire dont elles ont besoin et de créer les conditions pour la reprise de négociations politiques en vue d’une transition sur la base de la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies. Il n’y aura aucune solution militaire en Syrie et il faut donc mettre un coup d’arrêt à la spirale de la violence qui ne fait qu’entraîner toujours plus de souffrances pour la population et nourrir le terrorisme. Il est temps que la communauté internationale se ressaisisse. La France y contribuera avec détermination.

publié le 05/09/2016

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