Situation au Haut-Karabagh

Réponse de M. Harlem Désir, secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargé des affaires européennes, à une question au Sénat.

Monsieur le Sénateur, vous avez raison de souligner l’urgence et la gravité de la situation au Haut-Karabagh suite aux événements du début du mois d’avril.

Ce nouveau regain d’affrontements militaires le montre : penser que le simple maintien du statu quo peut apporter une solution serait une grave erreur. Vous l’avez souligné, ce conflit qui continue à faire des dizaines de victimes civiles et militaires chaque année.

Nous le savons, il n’y a pas d’autre urgence aujourd’hui que d’obtenir un cessez-le-feu, l’arrêt de toute confrontation militaire et le retour des parties à la table des négociations pour trouver une solution négociée et politique à ce conflit.

Cela ne sera pas facile. La confiance est rompue entre les deux parties. Leur propension à revenir à la table des négociations est aujourd’hui très faible. Toutefois, la détermination de la France, qui, comme vous l’avez rappelé, copréside le groupe de Minsk aux côtés de la Russie et des États-Unis, ses partenaires au sein de l’OSCE, est absolument totale. C’est le sens du message que j’ai porté la semaine dernière lors de mon déplacement en Arménie et en Azerbaïdjan.

En rencontrant les présidents de ces deux pays, MM. Sarkissian et Aliyev, je leur ai exprimé ce qui a toujours été le message de la France. Je les ai appelés à un compromis de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur la question du Haut-Karabagh. J’ai défendu ce même message à Erevan et à Bakou.

Les paramètres de ce compromis sont connus. Il s’agit de ce que l’on appelle les principes de Madrid : le non-recours à la violence, le respect de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et le droit à l’autodétermination du Haut-Karabagh. Telles sont les lignes sur lesquelles doit reprendre la négociation.

Bien entendu, nous devons également apporter des garanties de sécurité pour l’Arménie et répondre aux préoccupations de l’Azerbaïdjan. La France est totalement mobilisée à tous les échelons de l’État. Le président de la République avait déjà reçu les deux présidents concernés au mois d’octobre 2014. Nous sommes donc prêts à prendre toutes les initiatives qui permettront de revenir à une solution de négociations pour la paix.

publié le 10/05/2016

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