Russes, Européens et Américains se rassemblent dans un même réseau : OneWeb

La compagnie OneWeb veut connecter le monde entier grâce à une constellation de six cent quarante-huit satellites assemblés par le groupe européen Airbus Defense and Space et lancés par les fusées russes Soyouz d’ Arianespace. L’espace s’ouvre à la production de masse.

Si Airbus fabriquera les dix premiers satellites dans ses locaux de Toulouse, le groupe devra néanmoins développer sa branche américaine car Greg Wyler, directeur de OneWeb, insiste pour que le reste des satellites soit assemblé sur le sol américain. Chaque satellite pèsera 150 kg et devrait coûter entre 400 000 et 500 000 dollars américains. Leur durée de vie est estimée à cinq ans du fait de la basse altitude à laquelle ils voleront (1200km) ; cette altitude permettra aux satellites de communiquer avec le sol avec un temps de latence négligeable pour de telles connectivités. Les satellites voleront sur une orbite presque polaire pour couvrir toute la planète. Cela signifie également que les satellites survoleront régulièrement des zones peu habitées. L’émission dans les bandes Ku a déjà été validée par l’Institut des Nations Unies chargé d’attribuer les fréquences de communication des satellites ; cette onction de l’ITU est un atout pour OneWeb.

Des lanceurs russes, européens et américains

Les lancements devraient commencer fin 2017 et se terminer fin 2019. Arianespace déploiera 21 lanceurs Soyouz emportant chacun 32 satellites avec une option pour cinq autres fusées Soyouz mais aussi trois lanceurs Ariane 6 - ce qui permettra la mise à l’épreuve du dernier né du spatial européen. Ces lancements auront lieu depuis le port spatial européen en Guyane française mais également depuis les bases de lancement russes de Baïkonour (Kazakhstan) et Plessetsk. Ce contrat estimé entre un et deux milliards de dollars est une réussite à la fois pour Arianespace, qui remplit son carnet de commande pour sa fusée Soyouz mais également pour la société européano-russe Starsem et pour la société russe RKTs PROGRESS, qui respectivement commercialisent et produisent les dites fusées. Les Russes pourraient également être mis à contribution pour fournir des propulseurs et des batteries pour les satellites. Côté anglais, Richard Branson n’a pas seulement investi dans le capital de OneWeb, il a également signé avec Greg Wyler, pour le compte de Virgin Galactic, un contrat pour trente-neuf lanceurs LauncherOne transportant entre un et trois satellites, avec une option pour cent autres lanceurs.

Financement

Les échecs commerciaux des constellations de satellites Iridium et Globalstar dans les années 90 sont encore dans les mémoires mais l’internet mondial reste encore aujourd’hui un pari pour de nombreux « entrepreneurs du futur ». Pour preuve, cinq cents millions de dollars ont déjà été levés pour OneWeb dont le budget total est estimé à deux milliards de dollars. Des géants du spatial et de la communication se sont associés à ce projet comme Virgin Group (Royaume-Uni), Qualcomm (USA), Airbus Group (Europe), Intelsat (USA), Barthi Enterprises (Inde), Hughes Network Systems (USA), Totalplay (Mexique) et plus étonnement Coca Cola. Ce dernier partenaire financier possède 25 millions de points de vente y compris dans les endroits les plus reculés de la planète, où réside la majeure partie du marché de Oneweb. Cet engouement des plus grands montre l’enjeu majeur que représente la couverture mondiale par un unique réseau. OneWeb entre donc dans la compétition de l’internet pour tous face aux géants Google et Space X dont l’ambition est de créer une constellation de quatre milles satellites.

Sources :
- site Izvestia
- site de Roscosmos
- site OneWeb

Rédactrice :
Louise Fleischer

publié le 29/02/2016

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