Réunion ministérielle en format Normandie

Conférence de presse conjointe de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international et de son homologue allemand, M. Frank-Walter Steinmeier - Propos de M. Ayrault

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Il est vrai que nous avançons. C’est une politique des petits pas mais nous avançons. Et surtout cela nous confirme - l’Allemagne et la France - que la méthode choisie, celle du format Normandie, que l’Allemagne et la France, ensemble, veulent donner à la poursuite de la mise en œuvre des accords de Minsk est la seule voie possible.
Il n’y a rien de pire que de renoncer. C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, a eu lieu ce sommet à Berlin le 19 octobre dernier. Nous, ministres des affaires étrangères, avons été mandatés par le président de la République et la chancelière pour poursuivre la mise en œuvre concrète.

Il est vrai qu’il faut beaucoup de patience et de conviction. Nous en avons. Nous en avons parce que, si les accords de Minsk n’avaient pas été conclus - et la réunion de Berlin a réaffirmé l’accord des parties suite aux accords de Minsk -, alors nous serions en guerre. Car il ne faut jamais oublier ce qui s’est passé en 2014. C’est un conflit qui était engagé, il a déjà fait 10.000 morts, beaucoup trop de victimes. Mais ce qui a été arrêté, c’est un processus de guerre. C’est la première fois qu’en Europe, après la Seconde guerre mondiale, nous assistons à une telle situation.

C’est la raison pour laquelle nous avons, l’Europe en particulier, pris nos responsabilités et pris des décisions lourdes, je pense aux sanctions. Mais ce que nous voulons, c’est poursuivre ce chemin vers un accord définitif. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais, aujourd’hui, nous avons voulu, parce que la population du Donbass entre dans un troisième hiver, porter l’accent sur l’amélioration des conditions de la population. C’est pourquoi nous avons pris le temps d’évoquer, point par point, les questions humanitaires. Je ne les reprends pas, Frank-Walter Steinmeier les a évoquées. Bien sûr, nous avons abordé la question de la sécurité.
Les zones qui ont été déterminés pour le désengagement, représente une étape très importante qui a été franchie ces derniers temps. Il y a trois zone de désengagement, deux où c’est effectif et de façon satisfaisante, une troisième où cela ne l’est pas encore mais cela doit l’être. Et avec l’objectif d’aller plus loin, d’en rajouter quatre autres et puis de progresser dans la même direction.

Tout le programme des accords de Minsk doit être mis en œuvre. Il y a les volets humanitaires, je l’ai dit ; il y a les volets sécuritaires, bien sûr ; et il y a les volets politiques. Il y a encore énormément de travail à faire mais c’est cette méthode qui a été la bonne. Ici, nous avons pu constater, aujourd’hui, que même si c’est difficile, le dialogue n’est pas rompu ; c’est notre mission, c’est ce que nous faisons.
Alors, nous attendons, bien entendu, d’autres étapes. Les groupes de travail, qui sont venus rendre compte de leur mission, doivent être réactivés. L’OSCE et ses observateurs doivent pouvoir aller partout ; la Croix-Rouge internationale et les organisations non gouvernementales aussi. Mais, en tout cas, nous n’acceptons pas le statu quo, car le pire serait le statu quo qui risquerait de créer les conditions d’un retour de la violence. Alors, il y a de la violence, il y a des atteintes portées au cessez-le-feu qui sont beaucoup trop nombreuses et il y a encore beaucoup trop de morts.
Mais, nous, nous sommes là pour rappeler une conviction : c’est que les accords de Minsk représentent la voie de la négociation et du dialogue. C’est la seule voie possible pour sortir d’une situation qui est effectivement dramatique pour notre continent. Situation, je le répète, que nous n’avions jamais connue depuis la Seconde guerre mondiale, avec cette atteinte aux frontières qui est effectivement d’une grande gravité. Mais nous avons pu stopper le processus de la violence.

Je crois que cela doit faire réfléchir tout le monde, dans un monde incertain et un monde avec des risques nouveaux qui se présente devant nous, que c’est la bonne méthode. Et, que la France et l’Allemagne - vous l’avez encore démontré aujourd’hui - veulent continuer à prendre toute leur part et donner toute la force de leur conviction et de leur engagement./.

publié le 03/12/2016

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