Pourquoi avons-nous des programmes d’échange de seringues pour les toxicomanes en France ?

Le VIH peut se transmettre en cas de partage, avec une ou plusieurs personnes, d’aiguilles, de seringues ou d’autres instruments utilisés pour une injection de drogue par voie intraveineuse. Ce risque s’ajoute aux autres dangers pour la santé liés à l’usage de drogue par voie intraveineuse (exemples : hépatites B et C). Si la seringue n’a jamais été utilisée, ce risque disparaît.

JPEG - 121 ko
Association SAFE -11 avenue de la Porte de la Plaine 75015 PARIS – Tagalis.com

Qu’a fait la France ?
En 1989 trois programmes d’échange de seringues expérimentaux sont lancés. Ils ont montré que l’on pouvait récupérer les seringues déjà utilisées, qui sont dangereuses, en mettant à disposition des seringues propres, qui ne le sont pas.
En 1992 une trousse dite "Stéribox®" est expérimentée par mille pharmaciens volontaires et en octobre 1994 le Ministère de la Santé et l’Ordre des Pharmaciens étendent l’expérience au niveau national, le soutien de l’Etat permettant une vente à bas prix (5F).

En 1994, les premiers automates distributeurs de seringues distribuant des trousses de prévention sont installés, d’abord sur des façades de pharmaciens volontaires, puis sur rue.

En 1995 des associations sont autorisées à délivrer gratuitement des trousses de prévention contenant seringues, ampoules d’eau, tampon et préservatifs.
Aujourd’hui, 96% des pharmaciens vendent des seringues et ils en distribuent 15 millions par an aux usagers de drogue, soit plus de 90% des seringues qui leur sont destinées. 150 lieux d’accueil, qui pratiquent l’échange de seringues en même temps que d’autres actions de prévention ont été créés et plus de 230 automates sont installés.

Pourquoi avons nous fait cela ?

  • Parce que la santé de chacun doit être préservée.
  • Parce que toute infection par le VIH qui peut être évitée doit être évitée
  • Parce chaque infection par le VIH qui est évitée diminue les chances de l’épidémie de se développer.
  • Parce que c’est efficace : les évaluations ont montré que ces programmes et d’autres actions diminuaient le risque de contamination. La proportion de toxicomanes séropositifs a été divisée par 4 en 20 ans.
  • Parce qu’en protégeant chacun, on se protège tous
    La France combat chaque jour l’usage des drogues : aller au site de laMission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Mais elle sait ouvrir les yeux et combattre aussi la maladie.

Aller à la page Présentation de la lutte contre le SIDA en France
Aller à la page La transmission du VIH de la mère à l’enfant : un risque presqu’éliminé en Russie

publié le 02/12/2015

haut de la page