MAYAK : le micro-satellite étudiant au financement participatif

Une équipe de jeunes ingénieurs de l’Université d’Ingénierie Mécanique de Moscou (MAMI) a récolté 2 millions de roubles (25000 euros) sur la plateforme de crowdfunding Boomstarter pour financer la confection d’un micro satellite. Dans un premier temps, cet argent servira à effectuer une batterie de tests stratosphériques précédant le lancement qui doit avoir lieu mi-2016.

Le satellite, baptisé « Mayak » (« phare » en russe), mesure 10*10*34 cm et pèse environ 4 kg. Une fois en orbite, il déploiera des réflecteurs solaires de 16m² en forme de pyramide, ce qui en fera l’objet spatial le plus lumineux après la lune pour nos yeux de terriens. Ces réflecteurs sont constitués d’une membrane polymère d’une épaisseur de 20 microns recouverte d’une couche de 20 nanomètres d’aluminium.

Roscosmos à accepter de lancer Mayak, en même temps que le satellite de télédétection Canopus-B-IK (conçu par la société NPP VNIIEM) sur un lanceur Soyouz-2 équipé de l’étage Fregat. Mayak évoluera ensuite durant 27 jours à 600km d’altitude sur une orbite héliosynchrone et une application permettra à tout un chacun de suivre son mouvement depuis son smartphone.

A l’origine du projet, 4 étudiants de MAMI, un diplômé de l’université technique d’État de Moscou Bauman (MGTU), 4 ingénieurs et un spécialiste en Relation publique. Cette petite équipe est dirigée par Alexandre Shayenko, diplômé en astronautique de l’université Bauman MGTU et désormais directeur du programme d’astronautique moderne de l’université MAMI. Selon lui, l’objectif premier du projet est de « susciter l’intérêt pour l’Espace et de montrer que son exploration est aujourd’hui accessible à n’importe qui pourvu qu’il soit motivé » (A.SHAYENKO, lors du forum spatial INSPACE, le 3 mars 2016 à Moscou).

Mais le projet répond aussi à des problématiques plus scientifiques, à commencer par celle des débris spatiaux. Le satellite est muni d’un système de freinage aérodynamique qui sera testé en condition réelle de vol, ce qui à terme permettra peut-être de faire redescendre sur Terre des objets spatiaux sans moteur. Le deuxième domaine d’étude de l’expérience Mayak est celui du calcul de la magnitude apparente (éclat d’un objet céleste). Enfin, l’expérience Mayak doit permettre d’en apprendre davantage sur la répartition de la densité dans la haute atmosphère.

De son côté, l’agence spatiale russe soutient pleinement le projet, car au-delà de l’aspect purement scientifique c’est un moyen d’initier les étudiants russes à la fabrication d’appareils spatiaux et ainsi de les rapprocher du monde industriel. L’objectif de Roscosmos est de donner l’envie aux jeunes ingénieurs de venir travailler pour l’industrie spatiale russe, confrontée depuis des années à la problématique du vieillissement de ses effectifs.

Rédacteur : Guilhem Boivin

Sources :

publié le 17/03/2016

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