« Les voix du musée imaginaire d’André Malraux »

L’exposition s’ouvre aujourd’hui au musée Pouchkine.

Discours de M. l’Ambassadeur Jean-Maurice Ripert

M. le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie, Cher Mikhaïl Schvydkoy,
Mme la présidente du Musée Pouchkine, Chère Irina Antonova,
Mme la directrice du Musée Pouchkine, Chère Marina Lochak,

C’est un grand honneur pour moi que d’ouvrir avec vous cette remarquable exposition inspirée par l’un de mes illustres compatriotes, André Malraux.

Il non seulement un homme politique, ministre de la culture du Général de Gaulle de 1958 à 1969, et l’auteur de romans majeurs comme L’espoir ou La condition humaine, mais aussi un homme dont les réflexions sur l’art ont marqué notre époque.

Malraux s’est interrogé sa vie durant sur l’art, sa nature et sa place dans la société. Il rejetait avant tout l’idée que l’art ne soit qu’occidental et puisse être limité aux œuvres conservées dans les musées.

Tout objet peut être considéré comme de l’art pourvu que l’homme entretienne avec lui un rapport métaphysique.

Son « musée imaginaire » n’a donc pas de limite, ni dans l’espace ni dans le temps.

Ministre de la Culture, Malraux s’est efforcé de donner à ses idées une traduction concrète. Sans négliger l’aspect patrimonial de la culture, il a, par exemple, intégré dans le champ de son ministère la création contemporaine.

A travers le réseau des Maisons de la culture, il a mis les œuvres de l’esprit à portée du plus grand nombre, notamment de la jeunesse.

En France, le rôle éducatif de l’art reste une priorité, comme il l’a toujours été en Russie.

Le musée Pouchkine a d’ailleurs été créé comme une institution à but éducatif visant à faire connaître au public, par des moulages, des œuvres qui lui était à l’époque inaccessibles. Irina Antonova, puis Marina Lochak, ont perpétué cette tradition.

L’exposition qui nous est présentée aujourd’hui est sous-tendue par les questionnements de Malraux sur l’art même si les réponses qui y sont apportées ne sont pas seulement les siennes mais aussi celle d’Irina Antonova.

Cette exposition, c’est aussi son musée imaginaire à elle et je suis sûr que Malraux en aurait été heureux, lui qui a écrit : « Peu m’importe qu’on approuve mes réponses sur l’art, pourvu que l’on n’ignore pas mes questions »…

Alors Chère Irina, un grand merci pour permettre de nouveau aux Français et aux Russes de dialoguer avec confiance et sérénité.

publié le 30/11/2016

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