Les perspectives de la Francophonie vues par des universitaires [ru]

Le 21 mars, la Faculté des relations internationales de l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg a organisé une journée d’études intitulée « l’Organisation internationale de la Francophonie : histoire et perspectives ». Le Consul général Thibaut Fourrière a pris part aux débats et répondu aux questions des étudiants.

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Thibaut FOURRIERE, Consul général de France à Saint-Pétersbourg

Depuis 6 ans, les chercheurs francophones de l’Université d’Etat se réunissent à la Faculté des relations internationales dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie. Cette année, l’accent a été mis sur les perspectives du monde francophone. Les professeurs Youri Akimov, Nicolaï Dobronravine, Rouslan Kostiuk et le professeur-assistant Nicolaï Goudalov ont abordé l’actualité du monde francophone au Québec, en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Le professeur Igor Ivannikov a ensuite présenté l’état actuel du développement de l’Organisation internationale de la Francophonie. Certaines données, comme le fait que 2 300 000 personnes parlent français dans leur vie quotidienne en Amérique latine, ont étonné l’auditoire. Les universitaires ont également souligné que la Francophonie cherchait à apporter des réponses aux grandes questions d’actualité (sans les avoir encore trouvées), comme la crise migratoire ou la promotion des valeurs démocratiques dans les pays connaissant une révolution.

Dans son discours, le Consul général, Thibaut Fourrière, a indiqué qu’à ses yeux il existait deux « francophonies ». La Francophonie avec un grand « F », au travers de l’Organisation internationale de la Francophonie et la francophonie avec un petit « f » qui réunit tous ceux et celles qui parlent français dans le monde entier. Il est important de distinguer ces deux « francophonies », car il est des pays, comme la Russie, qui ne font pas partie de l’Organisation, mais où des milliers de personnes parlent ou apprennent le français et apprécient la culture du monde francophone.

Suite aux nombreuses questions posées par les étudiants, Thibaut Fourrière est revenu sur le rôle de la langue française dans le monde contemporain, sur les perspectives de son développement, sur l’impact des crises politiques et économiques sur les échanges culturels. M. Fourrière a souligné que « la crise politique n’avait jamais entravé la volonté de la France de coopérer avec la Russie ».

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David TEURTRIE, Directeur du programme complémentaire "Collège universitaire français" de l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg

Irina Novikova, rectrice de la Faculté des relations internationales, a insisté sur le fait que « chaque année, de plus en plus d’étudiants et de professeurs choisissaient la France pour poursuivre leurs recherches ». Notons que les étudiants de l’Université d’Etat ont la possibilité de suivre des cours en français, notamment dans le cadre du « Collège Universitaire Français », dont le directeur, David Teurtrie, a fait la présentation à cette occasion. Les étudiants qui suivent ce programme complémentaire de l’Université assistent aux cours en français et obtiennent un diplôme de Master 1 reconnu par les meilleures universités de France. Igor Delanoë, ancien professeur d’histoire au Collège, a fait part de son expérience de l’enseignement en français devant un public russe.

La Faculté des relations internationales de l’Université fêtera son anniversaire le 28 mars. Ce jour est précédé de la Semaine de la Faculté, série d’événements dont la Journée d’étude sur la Francophonie a marqué l’ouverture. L’histoire de l’organisation de cette Journée d’étude remonte à 2010, année où plusieurs professeurs de l’Université ont été invités à Bordeaux dans le cadre de l’année croisée « France-Russie ». Cette visite a suggéré l’idée à ces professeurs de réunir leurs collègues francophones autour du thème de la Francophonie. Certains étudiants qui ont pris part dans le passé aux Journées d’études travaillent depuis dans des représentations diplomatiques russes en France. Deux d’entre eux avaient adressé un courrier aux participants en soumettant l’idée de consacrer la Journée d’étude 2017 au 300ème anniversaire de la visite de Pierre le Grand en France.

http://cuf.spbu.ru

Le Collège Universitaire français (CUF) de l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg assure une formation diplômante en deux ans dans le domaine des sciences humaines et sociales : droit, histoire, littérature, sociologie et philosophie.

Fondé sur une initiative de l’académicien Andrei Sakharov et de l’écrivain Marek Halter, le Collège Universitaire Français de l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg opère depuis 23 ans avec le soutien des ministères français de l’Education nationale et des Affaires étrangères et des universités françaises partenaires. Conçu comme un espace d’ouverture et d’échange, il a accueilli au fil des années des professeurs et des intervenants qui ont marqué la vie intellectuelle, académique ou politique française et internationale. Il est aujourd’hui le lieu d’une coopération fructueuse entre l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg et neuf établissements d’enseignement supérieur français renommés.

Le CUF propose deux parcours :

Un parcours francophone : les cours magistraux et les séminaires sont assurés par des professeurs français venus des établissements partenaires. Cet enseignement est complété par des travaux dirigés assurés par les enseignants français du CUF (approfondissement des thèmes abordés, initiation à la méthodologie française, préparation aux examens). En première année, les étudiants doivent suivre deux disciplines de leur choix. Ils n’en conservent qu’une en deuxième année. Les étudiants du parcours francophone passent leurs examens et rédigent leur mémoire de recherche en langue française.

Une section russophone : les cours magistraux des professeurs invités y sont les mêmes, mais une traduction simultanée en russe est assurée. Les étudiants y étudient deux disciplines, en première comme en deuxième année. Les examens sont rédigés en russe.

Le diplôme de deuxième année francophone est reconnu par les établissements français partenaires comme équivalent à un diplôme de première année de master (M1) et donne donc accès à une poursuite des études en M2 (Master 2) et à l’obtention, au terme d’une année d’études en France, du diplôme de Master. Chaque année, le gouvernement français octroie un certain nombre de bourses d’étude en M2 aux étudiants du CUF sélectionnés qui souhaitent poursuivre leurs études dans un établissement français.

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publié le 07/04/2016

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