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Le Partenariat Mondial G8

Lors du sommet du G8 en juin 2002 à Kananaskis au Canada, a été mis en place le Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes. Les participants appuient des projets de coopération pour promouvoir la non-prolifération, le désarmement, la lutte contre le terrorisme, et la sûreté nucléaire. Depuis, quelques 15 autres pays donateurs se sont associés à cette démarche. Le gouvernement français a confié la gestion des projets de coopérations bilatérales au Commissariat à l’Energie Atomique.

Actions dans le domaine nucléaire en Russie :

1. Sécurisation des combustibles et des matières hautement radioactives entreposés sur l’ancienne base navale de Gremikha et études préliminaires pour la réhabilitation du site.

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Kola

La France s’est tout particulièrement impliquée dans la réhabilitation de l’ancienne base navale de Gremikha. Gremikha se situe à l’est de la péninsule de Kola, isolée géographiquement au nord du cercle polaire et n’est accessible que par voie maritime ou par hélicoptère. Elle servait de base d’entretien pour les sous-marins d’attaque de classe Alpha de la flotte soviétique, propulsés par un réacteur à neutrons rapides. Elle servait également à l’entreposage de combustibles des réacteurs de sous-mains à eau pressurisée (VVR). A demi désaffectée depuis quinze ans, cette base était dans un état inquiétant pour l’environnement et, vu les conditions de sécurité insuffisantes de l’entreposage des matières nucléaires, il y avait un risque potentiel de détournement, malgré l’isolement du site. Ce constat a motivé l’implication de la France à Gremikha. Désormais, le processus de sécurisation des combustibles nucléaires VVR et des cœurs de sous marins Alpha est solidement engagé : l’étude de faisabilité d’ensemble a été réalisée, les conditions d’intervention et de surveillance sur le site ont été améliorées et une première évacuation des combustibles VVR hors du site a été réalisée fin 2008, les suivantes ont suivi en juin 2009 et septembre 2010. Un cœur Alpha présentant des dommages radiologiques a été décontaminé puis déchargé entre mars et septembre 2009 avec l’assistance française. Les opérations pour décharger le dernier cœur et réaliser l’évacuation et la sécurisation complète de tous les combustibles y compris ceux qui sont endommagés sont définies et peuvent désormais être engagées.

2. Rénovation de l’incinérateur de déchets radioactifs solides de Severodvinsk sur le chantier naval de Zvezdochtka en charge du démantèlement de nombreux sous-marins.

Zvezdochtka est un des plus grands chantiers navals au monde, spécialisé en entretien et démantèlement de sous-marins nucléaires. Dans le cadre du PMG8, de nombreux sous-marins sont démantelés sur ce chantier naval, activité générant des déchets faiblement radioactifs devant être incinérés afin d’en réduire le volume et de prévenir ainsi la saturation des entreposages du site. L’ancienne unité d’incinération étant hors service, il était nécessaire d’installer un nouvel incinérateur de déchets solides, conforme aux normes actuelles. L’unité d’incinération, dont les essais en inactif ont été effectués, devrait être opérationnelle à l’été 2011.

3. Démantèlement de générateurs thermoélectriques au strontium (RTG).

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Servant principalement à assurer l’autonomie des phares et des balises de navigation russes, de nombreux RTG (Radio-isotope Thermal Generators) sont toujours en place dans ce pays et présentent un risque important de détournement à des fins malveillantes (des RTG ont déjà été pillés pour le métal qu’ils contiennent). L’action en cours consiste à participer au démantèlement de ces générateurs thermoélectriques et à l’entreposage sûr et définitif des matières radioactives qui les alimentent et à les remplacer par des sources alternatives (solaires et/ou éoliennes) plus sûres pour l’environnement et sans risque de détournement. De 2005 à 2009, la France a participé à un programme piloté par la Norvège (accord entre le gouverneur de la région de Mourmansk et celui de la région du Finnmark) pour l’enlèvement des RTG en mer de Barentz. Depuis, le CEA a accepté la proposition de ROSATOM de travailler en bilatéral pour l’évacuation et le démantèlement de RTG se situant en mer Baltique. Un premier contrat pour le remplacement de 4 RTG de forte puissance s’est achevé à l’été 2010. Le second pour le remplacement de 12 RTG a été conclu en juillet 2010 et s’est achevé en juin 2011. Cette dernière opération aura contribué à l’enlèvement complet des RTG de la mer Baltique, en collaboration avec la Norvège, la Suède et la Finlande.

Actions dans le domaine de la destruction des armes chimiques sur le site de Shchuchye :

Mise en place d’un système de surveillance environnementale autour du site et collaboration avec la Grande Bretagne pour fournir des équipements pour construire l’usine de destruction.

Sur le site de Shchuchye se trouve un important dépôt d’armes chimiques (5 400 tonnes d’agents neurotoxiques) dont la destruction a débuté en mars 2009. Ceci nécessitait au préalable la mise en place d’un système de surveillance environnementale, projet financé par la France. Ce réseau de surveillance environnemental a été désormais réalisé, installé et testé en 18 mois. Il comprend onze stations fixes de contrôle automatique de l’air, sept laboratoires mobiles, quatre véhicules dédiés aux prélèvements atmosphériques, un laboratoire central d’analyse et un centre de traitement et d’exploitation des données, qui lui même est connecté à un système fédéral de surveillance et d’intervention.

En complément la France a financé, par le canal du programme britannique, la fourniture d’équipements importants entrant dans la constitution d’une des deux lignes de destruction d’armes chimiques du site de Shchuchye. Les derniers matériels ont été livrés sur le site en juin 2009.
Mi mars 2009, la Russie a commencé à détruire des armes chimiques chargée en Sarin et le site a été officiellement inauguré le 29 mai 2009.

Actions dans le domaine de la Biologie :

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Les projets engagés par le canal du CIST (Centre international des sciences et de la technologie de Moscou) sont destinés à mettre en place des outils efficaces de lutte contre la menace bioterroriste : développement de nouvelles molécules thérapeutiques et de nouveaux outils de diagnostic et de surveillance environnementale : quatre projets ont démarré en 2006, dans ces domaines, avec le laboratoire d’Obolensk (State Research Center for Applied Microbiology, SCRAM), l’Institut de Biochimie organique de Moscou (Shemiakin and Ovchimiko Institute of Bioorganic Chemistry (IBCH), et le laboratoire Vektor de Koltsovo (State Research Center of Virology and Biotechnology). Trois de ces projets qui associent des laboratoires français et russes se sont achevés en 2010. Un quatrième a été prolongé jusqu’en mars 2011. Fin 2009, la France a pris la décision de poursuivre l’action entamée en Russie avec des laboratoires situés en Géorgie et en Azerbaïdjan. Ces projets sont en cours de mise au point par le canal du STCU (Centre international des sciences et de la technologie de Kiev) avec les laboratoires Eliava de Tbilissi et la station antipeste de Bakou. Le démarrage effectif de la collaboration a eu lieu fin 2010.

Actions dans le domaine de la reconversion des scientifiques :

L’objectif de l’action française était initialement de contribuer à la création d’emplois durables en Russie de scientifiques et de techniciens ayant collaboré au développement d’armes de destruction massive et de réaliser des opérations qui soient profitables aux deux parties. Suite à une étude de faisabilité, le CEA a engagé une action plus limitée de soutien des partenariats public-privé de façon à faire la démonstration qu’il était possible d’aider des industriels à s’associer à des laboratoires russes afin de développer, de manière industrielle, des technologies ou des produits mis au point par ces laboratoires. Ce projet a nécessité d’installer une équipe mixte, avec une forte implication des experts Russes qui assurent le contact vers les entreprises étrangères, mais en même temps apporte son expérience de l’environnement Russe, du développement économique et des collaborations sur les hautes technologies. L’action de démonstration engagée par la France s’est concentrée sur les régions de Tomsk, Nijni Novgorod, Moscou et les villes fermées de Seversk, Sarov et Snezhinsk. Aujourd’hui une dizaine de projets de coopérations sont soutenus par ce programme notamment le projet de développement des bio-chips innovants pour le marché mondial dans le secteur biomédical. C’est également dans le cadre de ce programme, que la société russe Binar et la société française Wit ont signé à l’ambassade de France en présence de M. l’Ambassadeur le 6 octobre 2009 un accord de coopération pour le développement de nouveaux produits dans le domaine de la gestion et de l’optimisation des réseaux d’énergie. Ce projet du PMG8, clos depuis janvier 2010, aura permis de faire la démonstration de la viabilité du concept qui était recherchée.


Pour vous permettre d’en savoir plus, vous êtes invités à visiter le site du CEA consacré aux actions menées dans ce cadre par la France : http://www-pmg8.cea.fr/


Les autres articles concernant le secteur nucléaire, ainsi que sa version en russe :

La Revue Nucléaire de Russie


publié le 27.10.2011

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