Le 22 avril 2016 : tous ensemble pour la planète !

En matière de lutte contre le réchauffement climatique, 2015 a été l’année des négociations et des décisions. 2016 doit être l’année de l’action.
Le 12 décembre dernier, après des jours et des nuits d’intenses négociations, Laurent fabius, président de la COP 21, a abaissé son marteau vert pour entériner la conclusion de l’Accord de Paris mais également pour marquer le début du chemin collectif devant conduire à sa mise en œuvre.

La signature de l’Accord de Paris sur le climat à New York le 22 avril - à laquelle le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le Président de la République française, François Hollande, et la Présidente de la COP21, Ségolène Royal, ont appelé les Chefs d’Etat à participer - est l’occasion de rappeler la nécessité de la mobilisation de tous, responsables politiques, entreprises, associations, citoyens.

L’Accord, qui a été adopté par les 195 Etats de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et l’Union européenne, est le premier accord sur le climat à la fois juridiquement contraignant et universel. Il contient des engagements forts, auxquels nos gouvernements ont librement souscrits et qui nous engagent.

L’Accord de Paris est un accord multilatéral et son entrée en vigueur est conditionnée à un double critère : il doit être signé par au moins 55 Etats représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le jour de la signature de l’Accord sur le climat ouvre donc la période décisive pendant laquelle toutes les mesures devront être prises pour son entrée en vigueur en 2020, comme prévu.

Plus de 120 pays ont déjà annoncé qu’ils signeraient l’Accord de Paris le 22 avril à New-York. Les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, s’y sont engagés dans une déclaration présidentielle conjointe, tout comme les autresBRICS (Russie, Brésil, Afrique du Sud, Inde). En tout, plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement prendront part à la cérémonie de signature organisée au siège de l’ONU, sous la présidence de Secrétaire général. La signature de l’Accordouvrira sa procédure de ratification par les Etats. En France, l’Assemblée nationale a inscrit le projet de loi de ratification de l’Accord sur le climat à son ordre du jour du 17 mai.

La Russie a déjà indiqué qu’elle enverrait un représentant à New-York le 22 avril. Elle est également touchée par d’importants événements climatiques : feux de tourbières, périodes de sécheresse inhabituelles affectant les rendements agricoles, apparition de cratères géants et d’émanations de méthane en Sibérie, usure des revêtements de routes des grandes villes, etc. Les Russes connassentparfaitement les conséquences dramatiques du réchauffement climatique. La Russie a donc un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, à la hauteur de ses responsabilités sur la scène internationale, de l’immensité de ses ressouces naturelles et surtout desa volonté d’œuvrer dans la lutte contre le changement climatique dans un cadre multilatéral, fortement exprimé par le Président Poutine dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015.

La Russie, membre clef du système onusien, sait très bien que les décisions prises dans le cadre de la COP21 et les inititiatives qui y sont lancées sont importantes d’abord bien sûr pour le climat lui-même mais aussi pour l’environnement au sens large, pour la santé publique, pour la sécurité alimentaire, pour le développement.
Elles sont de ce fait décisives pour la sécurité et pour la paix. IL est plus que probable en effet qu’un dérèglement climatique incontrôlé à l’échelle du globe conduirait à des conflits très graves : appauvrissement des populations en raison de la raréfaction de la nourriture et de l’eau, migrations massives des populations provoquées par les modifications de leur environnement naturel, conflits armés liés à la maîtrise des ressources fossiles.

En agissant contre le dérèglement climatique, en orientant le monde vers les énergies renouvelables et décarbonées, l’Accord de Paris fait donc œuvre de paix pour les générations actuelles et futures.

La Russie est pleinement impliquée dans ce processus. Elle a déjà apporté sa pierre à l’élaboration de l’Accord. Ainsi, pour la première fois, un article entier du texte est consacré aux forêts. Elles sont reconnues comme puits de carbone et les Etat sont donc fortement incités à réduire les émissions de gaz à effet de serre en luttant contre le déboisement et la dégradation des forêts. La Russie, qui abrite plus de 800 millions d’hectares de forêts boréales, est en première ligne sur ces questions.

L’accord, ambitieux et équilibré, comporte d’autres innovations importantes. Il confirme d’abord notre objectif central et vital : contenir la hausse de la température moyenne bien en-deçà de 2°C et poursuivre les efforts pour limiter cette hausse de température à 1,5°C, afin notamment de permettre la sauvegarde des États insulaires, les plus menacés par la montée des eaux. Il reconnaît ensuite la notion de « justice climatique ». Il tient compte sur chacun des sujets des responsabilités des différents pays, de leurs capacités respectives à la lumière des circonstances nationales. Il prévoit enfin un mécanisme de révision périodique à la hausse des engagements, y compris pour les pays en développement.

L’accord prévoit, d’autre part, les moyens nécessaires pour permettre l’accès de tous au développement durable. 100 milliards de dollars devront être consacrés chaque année à partir de 2020 à financer des projets permettant aux pays de s’adapter aux changements climatiques ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Il comporte aussi un volet relatif aux incitations : un mécanisme de marché et un mécanisme pour des approches non-marchandes figurent dans l’accord. Le prix du carbone est évoqué - parmi d’autres instruments - pour instaurer des incitations à l’action dans la décision.

Outre les finances, l’accord crée un nouveau cadre pour les technologies et reconnaît la nécessité d’accélérer l’innovation. La décision qui accompagne l’accord met en place un comité de Paris sur le renforcement des capacités nationales. La Russie, comme la France, réalise un travail ancien et important sur le climat. Jean Jouzel, grand nom français de la climatologie, entretient par exemple une relation fertile avec la Russie où il a dirigé un laboratoire d’excellence Megagrant à Ekaterinbourg. La Russie est ainsi naturellement amenée à jouer un rôle important en matière de recherche et d’innovation dans la lutte contre le climat.

Enfin, au-delà de la mise en œuvre de l’accord de Paris, nous devons être attentifs au « Plan d’Action Lima - Paris », qui rassemble dès à présent les initiatives des États et des acteurs non gouvernementaux : 70 initiatives portées par 10 000 acteurs, 2250 villes, 150 régions qui représentent plus d’un milliard d’habitants, 420 investisseurs, 2025 entreprises, des milliers de dirigeants locaux, de chefs d’entreprises, de personnalités de la société civile.

Tous les secteurs sont concernés : l’énergie, l’agriculture, l’industrie, la finance, les assurances, les transports, les villes, les forêts, l’eau, la résilience et la prévention des catastrophes. Pendant la préparation de la COP 21, nous avons pu voir ici, en Russie, combien les entreprises, les villes, les ONG sont mobilisés pour le climat. Nous sommes convaincus que la lutte contre le changement climatique est autant l’affaire des Etats que des sociétés.

C’est cet « esprit de Paris », qui entend agir sur tous les fronts contre le réchauffement climatique, que nous appelons de tous nos vœux à faire perdurer à New-York le 22 avril, à Bonn en mai lors de la première réunion du groupe chargé de préparer les décisions d’application de l’accord, au Maroc à la fin de l’année pour la COP 22, et dans tous les Etats de notre planète commune.

Alors mobilisons-nous ensemble, dès le 22 avril 2016, pour le climat, pour la planète, pour les générations à venir !

publié le 22/04/2016

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