La transmission du VIH de la mère à l’enfant : un risque presqu’éliminé en Russie

Dès 2001, une des priorités de la Russie dans la lutte contre le SIDA a été de prévenir et d’éviter qu’une mère séropositive transmette le VIH à son enfant pendant la grossesse, le travail, l’accouchement ou l’allaitement.

JPEG

Le directeur du centre de prévention et de traitement du VIH/SIDA de la ville de Moscou, le docteur Alexeï MAZUS, a bien voulu recevoir Daniel MATHIEU, conseiller pour les affaires sociales de l’ambassade de France en Russie, pour lui présenter l’action du centre et de la ville.

Moins de 1 % de transmission mère enfant
Le centre de prévention et de traitement du VIH/SIDA de la ville de Moscou a en effet été un des initiateurs de cette politique de prévention. Sur la base d’une expérience de 15 ans, de nouveaux protocoles thérapeutiques ont été définis l’année dernière, dans un document qui fait consensus entre les professionnels concernés, médecins, sages-femmes et autres professions médicales.

Toute personne séropositive reçoit à Moscou le traitement nécessaire, y compris les femmes enceinter. Chaque maternité peut prendre en charge un accouchement chez une femme séropositive sur la base de des protocoles médicaux dédiés.
Le taux de transmission mère enfant se situe à un niveau comparable aux plus bas des pays développés, et est inférieur à 1 %.

Des résultats d’autant plus notables qu’une partie des mères est marginalisée et en très grande difficulté
Le centre a aussi un rôle de prévention et d’accompagnement, face à des situations de grande vulnérabilité.

La marginalisation et l’exclusion touchent une partie des mères. Certaines sont toxicomanes, sans véritable prise en charge. Certaines n’étaient pas soignées. Il leur faut un soutien et un accompagnement, qui est réalisé en liaison avec les services sociaux de la ville de Moscou et des organisations non commerciales partenaires.
Les enfants, en cas de décès de la mère, ou lorsqu’elle ne peut exercer ses droits parentaux, sont également pris en charge. Un orphelinat avait été créé par le centre, il a été repris par la ville de Moscou. Tout est fait pour trouver une famille d’accueil aux orphelins, avec les difficultés que leur situation d’enfant – pourtant non séropositif – d’une mère séropositive entraine.

L’impératif de la prévention
Pour Daniel MATHIEU, ces situations tragiques justifient d’autant plus les actions de prévention, en particulier pour les populations les plus vulnérables.

Le docteur Alexeï MAZUS souligne qu’à Moscou ces actions sont effectivement engagées, et depuis longtemps. Elles sont portées par la ville et des organisations non commerciales partenaires, avec des résultats positifs, notamment la baisse de la contamination des jeunes. L’enjeu, c’est maintenant la sensibilisation des gens plus âgés, pour les mesures de prévention de base, comme le port du préservatif.

Une priorité a également été donnée au dépistage, le plus précoce possible. Il fait de façon anonyme et gratuite, ou à l’occasion d’une opération chirurgicale, par exemple. Dans la plupart des cas le virus est détecté dans les premiers 12-24 mois après la contamination. Le taux de dépistage à Moscou est élevé, supérieur aux moyennes russes ou françaises. Cela permet d’éviter de nouvelles infections. Et cela évite d’avoir à payer, plus tard, pour des soins.

D’autres attentes majeures
Questionné sur les prochains progrès, le docteur Alexeï MAZUS souligne la nécessité :

  • de dégager des financement permettant de mieux traiter et d’aller plus loin dans la prévention
  • d’apporter un traitement quelle soit la charge virale du patient
  • d’utiliser aussi des médicaments pour la prévention pour les populations à risques, en plus de l’usage du préservatifs, et des autres mesures.

Comme nous tous, il espère aussi la mise au point d’un vaccin.

Quelques chiffres repères fournis par le centre de prévention et de traitement du VIH/SIDA de la ville de Moscou
-  40 750 personnes séropositives, pour 12 millions d’habitants. Ce niveau est très en dessous de la moyenne de la fédération de Russie.
-  4 millions d’examens par an, qui couvrent 27% de la population moscovite
-  Une baisse du taux de mortalité depuis 2011
-  La contamination des jeunes de moins de 20 ans divisée par 18 depuis 15 ans.

Aller à la page Présentation de la lutte contre le SIDA en France
Aller à la page Pourquoi avons-nous des programmes d’échange de seringue pour les toxicomanes en France ?

publié le 02/12/2015

haut de la page