L’île Vassilievski

C’est sur l’Ile Vassilevski (Vassilevski Ostrov), la plus grande île du Delta de la Neva, que Pierre le Grand avait envisagé d’installer le siège du pouvoir de sa nouvelle capitale. Cette proposition avait été faite au tsar par l’architecte français, Jean-Baptiste Leblond. Ce dernier est l’auteur du Plan général de Saint-Pétersbourg de 1717, projet d’une ville idéale, dans la tradition du classicisme français : ville forteresse dont l’ensemble devait former un ovale parfait réunissant harmonieusement les différentes îles du Delta de la Neva, autour de l’Ile Vassilevski. Ce projet fût rapidement abandonné à cause des difficulté d’accès et des innovations. Néanmoins, au 18ème siècle, on remarque que la communauté française s’installait de préférence dans ce quartier. Derrière le palais Menchikov se trouvait une église française et une « rue des Français ». Les artisans venaient accompagnées de leurs familles et emménageaient dans des maisons-ateliers pour plusieurs années.

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La pointe de l’Ile Vassilevski (ou la "Strelka")

En 1804, l’aménagement de la pointe de l’Ile Vassilevski (la « Strelka ») est confiée à l’architecte français, Thomas de Thomon. La première pierre de la place de la Bourse est posée le 23 juillet 1805, au cours d’une cérémonie solennelle. L’ensemble est composé de la Bourse au centre (devenu le musée de la Marine), des deux colonnes rostrales sur les côtés (servant de phares, à l’origine) et une place semi-circulaire. Les colonnes rostrales sont ornées de proues de navire et chacun des piédestaux porte les figures allégoriques des grands fleuves russes : la Neva, la Volga, le Dniepr et le Volkhov. Pour leur réalisation, les français Joseph Camberlain et Jacques Thibault, ont travaillé aux côtés des sculpteurs et architectes russes, tels que Anissimov. Les travaux achevés en 1810, la « Strelka » devint rapidement un lieu de promenade populaire. Des voiliers chargés de marchandises venaient accoster sur ces quais et on pouvait y entendre toutes les langues de l’Europe.

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L’académie des Sciences, 5 quai de l’Université

En 1824, les bases de l’académie des Sciences de Saint-Pétersbourg sont posées par Pierre le Grand. De nombreux savants européens y avaient été invités, parmi lesquels l’astronome français, Roger de l’Isle (ou Delisle). Le savant a travaillé vingt-deux ans à Saint-Pétersbourg notamment en tant que Directeur de l’observatoire installé dans la tour de la Kunstkamera. Voltaire quant à lui, était membre d’honneur de l’académie des Sciences, sa candidature ayant été proposée par Roger de l’Isle sous le règle de l’impératrice Elizabeth. Ensuite, au cours de leur correspondance épistolaire, l’impératrice Catherine II a invité à plusieurs reprises Voltaire à venir en Russie. Une invitation que ce dernier n’a pas accepté. La bibliothèque personnelle du philosophe, achetée par l’impératrice à sa mort, se trouve actuellement à la Bibliothèque nationale russe (Perspective Nevski, Plochtchad Ostrovskovo 1/3).

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La Kunskamera ou la "Chambre des curiosités", 3 quai de l’Université

La Kunskamera ou la « Chambre des curiosités » crée en 1814 sous le règne de Pierre le Grand, est aujourd’hui le Musée d’Ethnographie et d’Anthropologie de l’académie des Sciences de Saint-Pétersbourg. Il s’agit d’un édifice baroque dont la tour lanterne est surmontée d’un cadran solaire. Ce premier musée de Russie comprenait à l’origine une collection de « préparations anatomiques » du célèbre anatomiste hollandais Frédéric Ruysch. Se sont ajoutés à la collection des objets de la vie quotidienne des peuples du monde entier. Aujourd’hui, elle est composée de plus d’un million d’objets. La collection comprends également le cœur et le squelette du français Nicolas Bourgeois, un géant de 2,27 m – le serviteur personnel du tsar.

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Jusqu’en juin 2009 au 7/9 quai de l’université se trouvait le Collège universitaire français, fondé en 1992 à l’initiative de l’écrivain Marek Halter et de l’académicien Andreï Sakharov pour recevoir des spécialistes francophones en science humaines. Le 16 décembre 1995, Bernadette Chirac a remis 3000 ouvrages à destination des chercheurs et des étudiants en fin de cycle. En juin 2009, le collège a déménagé au 28 rue Tchaïkovski (voir promenade du quartier Liteiny)

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L’académie des Beaux-Arts, 17 quai de l’Université

Crée en 1757 par le compte Ivan Ivanovich Chouvalov, l’académie des Beaux-Arts était destinée à enseigner aux artistes russes les techniques et le style occidental. La Façade de l’académie est l’œuvre de l’architecte français Vallin de la Motte assisté de l’architecte russe Kokorinov. Grand admirateur de la France, Chouvalov s’était inspiré de l’académie royale des Beaux-Arts de Paris qui délégua à sa demande, deux professeurs de renom : le sculpteur Nicolas Gillet et le peintre Louis Joseph le Lorrain. Parmi les élèves illustres de l’académie figurent le célèbre peintre Ilia Repine, les architectes Andreï Zakharov et Andreï Voronikhin. Au musée de l’académie sont conservés des plans et des maquettes d’architecture notamment celles des architectes français Montferrand, Vallin de la Motte et Thomas de Thomon.

Suite de la visite :

D’une rive à l’autre du pont de la Trinité

Le quartier Liteiny

La perspective Nevski

Au fil de la Moïka

La Place du Palais

La place Saint-Isaac et ses alentours

La grande et la petite rues des Ecuries

La place des Arts

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publié le 02/05/2016

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