L’éducation à la sexualité et la lutte contre le VIH en France

Comment l’éducation à la sexualité à l’école, au collège et au lycée contribue-t-elle en France à la prévention du SIDA ?

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Pourquoi une éducation sexuelle à l’école ?

En France, à l’école, au collège et au lycée, l’éducation sexuelle vise à préparer les élèves à des comportements responsables, individuellement et socialement.

C’est une démarche éducative qui aborde des questions de santé publique comme le SIDA et les infections sexuellement transmissibles, ou les grossesses précoces non désirées.

Elle veut aussi contribuer à construire des relations entre les filles et les garçons fondées sur le respect, le refus des préjugés et l’égalité.

En abordant aussi les problématiques des violences sexuelles ou de la pornographie, auxquelles les élèves peuvent être confrontés, elle les aide à se protéger.

C’est un apprentissage de l’altérité, des règles sociales, des lois et des valeurs communes. Il respecte la conscience et le droit à l’intimité des élèves, et veille bien sur à ne pas les choquer ou les inquiéter.

Comment est-elle organisée ?

Les séances d’éducation à la sexualité sont planifiées en début d’année scolaire et prévues dans l’horaire des élèves. Elles sont prises en charge par des enseignants volontaires et formés et des partenaires extérieurs agréés par le ministère de l’éducation nationale.

À l’école, il s’agit plutôt pour objectif de sensibiliser, au collège de prévenir les risques.

À l’école primaire, c’est le maître chargé de la classe qui assure cet enseignement, avec l’aide éventuelle des personnels de santé formés à cet effet.

Au collège et au lycée, trois séances sont prévues par la loi. Elles sont organisées en articulation avec les enseignements des différentes disciplines.

Dans la vie quotidienne des établissements, tout adulte de la communauté éducative contribue à réguler les relations entre les jeunes et à développer chez les élèves le respect de soi et de l’autre.

Dans les collèges et les lycées, un comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) organise et suit la programmation de l’éducation à la sexualité. Ce comité, présidé par le chef d’établissement, associe des enseignants et des parents.

Une circulaire n°2003-027 du 17 février 2003 du ministre de l’éducation nationale fixe le cadre général applicable à l’éducation à la sexualité. Des formations sont organisées pour les enseignants, et des ressources pédagogiques sont disponibles, par exemple un guide d’intervention pour les collèges et les lycées.

Que découvre-t-on en cours d’éducation à la sexualité ?

Les connaissances biologiques sur le développement et le fonctionnement du corps humain sont apportées, au CM2, en quatrième et en troisième, dans les cours de sciences de la vie et de la terre.

Dans les séances d’éducation à la sexualité, l’intervenant apporte en complément aux élèves des informations objectives :

• permettant une meilleure perception des risques - grossesses précoces, infections sexuellement transmissibles, sida - et favoriser des comportements de prévention ;
• faisant connaître aux élèves les dimensions relationnelle, juridique, sociale et éthique de la sexualité ;
• accompagner leur réflexion sur le respect mutuel, le rapport à l’autre, les règles de vie en commun, le sens et le respect de la loi ;
• développer l’esprit critique sur les stéréotypes sociaux ;
• informant sur les ressources d’information, d’aide et de soutien dans et à l’extérieur de l’établissement.

Quels résultats pour la prévention du SIDA et des maladies sexuellement transmissibles ?

Il n’y a pas eu d’évaluation épidémiologiste spécifique de l’effet sur la santé de l’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées en France.

Les résultats attendus en France en matière de santé publique sont :

• l’actualisation et le renforcement des connaissances des élèves sur le SIDA et les infections sexuellement transmissibles, en faisant la part de ce qui relève de leurs représentations et des idées fausses ;
• la compréhension de l’importance du dialogue sur la prévention partagée dans la relation amoureuse ;
• une meilleure capacité à adopter des comportements de prévention et à surmonter les résistances et les obstacles à ces comportements ;
• une plus grande sensibilité et une meilleure compréhension des messages de prévention qui leur parviendront par la suite.

Une étude réalisée en 2001 par la sous-direction de l’évaluation du ministère de l’éducation nationale sur les programmes d’éducation à la santé et à la sexualité indique que 45 % des enseignants au collège considèrent qu’entre un tiers et deux tiers des élèves tireraient profit de ces actions.

Des études réalisées en France et à l’étranger montrent que certains des programmes d’éducation à la santé ont un effet sur les comportements défavorables à la santé, notamment pour les comportements sexuels à risques. Il apparaît également que ces programmes éducatifs ne favorisent l’initiation à la sexualité́ (certains programmes l’ont retardée), et n’ont pas augmenté ou diminué la fréquence des rapports sexuels de ceux qui étaient sexuellement actifs avant le programme.

publié le 08/02/2016

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