L’Ambassadeur de France à RBC : « Nous pensons que la Russie est en Europe »

La Russie restera un partenaire de la France, en dépit de la crise en Ukraine, a assuré l’Ambassadeur Jean-Maurice Ripert. Dans une interview à RBC, celui-ci s’exprime sur le "format Normandie", les sanctions, les "Mistral" et le voyage des députés français en Crimée.

Interview RBK daily,31/07/2015

Quelle est votre évaluation de la situation actuelle dans le sud-est de l’Ukraine ? Y a-t-il un risque de reprise des hostilités ?

Nous ne l’espérons pas et c’est pour cela que la France est très active après avoir créé le groupe de Normandie avec la chancelière allemande. La France est au cœur des efforts diplomatiques avec le Président Poutine et le Président Porochenko pour que la guerre s’arrête et pour que les engagements pris par les uns et par les autres dans les accords de Minsk soient appliqués dans leur totalité et dans le délai imparti, c’est-à-dire d’ici la fin de l’année 2015.

Des négociations ont lieu actuellement sous l’égide de l’OSCE à Minsk entre notamment les autorités de Kiev et les séparatistes. Les progrès sont lents mais les progrès sont réels.

Cependant, ces derniers temps, on en entend de plus en plus dire que l’Ukraine est exclue des négociations. Est-ce vrai ?

Non, je ne sais pas où vous avez entendu cela mais c’est absolument faux. Nous parlons aux Ukrainiens tous les jours. Et les envoyés du gouvernement ukrainien participent tous les jours aux travaux des groupes de travail donc je ne sais pas qui vous a dit cela mais ce n’est certainement pas la réalité.

Le 17 juillet s’est tenue une conversation téléphonique au format Normandie. Lors de cette conversation commune, le président Poutine a de nouveau insisté sur la nécessité d’un dialogue direct entre les séparatistes et Kiev. La France soutient-elle cette position ?

Ces négociations directes ont eu lieu. D’abord au sein des quatre groupes de travail qui se réunissent toutes les semaines, sur la sécurité, sur les questions politiques, sur l’humanitaire, sur les questions économiques. Et même au groupe de contact tripartite qui théoriquement ne comprend que la Russie, l’Ukraine et l’OSCE, les Ukrainiens ont accepté que participent des représentants de Donetsk et de Lougansk. Donc là encore ce qu’on entend parfois à la télévision russe n’est pas vrai. Cela ne veut pas dire qu’ils soient d’accord mais c’est le propre d’une négociation. Donc ceux qui aujourd’hui critiquent le format des négociations sont ceux qui ne veulent pas commencer à négocier sérieusement.

Je vais vous donner un exemple précis : hier [le 28 juillet] à Minsk le groupe politique s’est réuni. Les Ukrainiens ont mis sur la table des projets concernant le statut futur de la décentralisation au sud-est de l’Ukraine et des éléments pour la préparation des élections. C’était soumis à la discussion des représentants de Donetsk et de Lougansk. Encore une fois les négociations ont lieu.

Pensez-vous que les négociations aboutiront dans les six mois restant ?

Je suis diplomate, je suis donc optimiste par nature et par choix. Je pense que ce serait une erreur de penser que l’on peut continuer à procrastiner. La situation économique et humanitaire est mauvaise dans le Donbass, la situation économique et financière de Kiev est mauvaise, personne n’a intérêt à ce que le conflit dure.

Quelle est la partie qui fait durer le conflit maintenant ?

Cela n’est pas le problème. Il y a une tendance en Russie, pays que j’aime, à toujours chercher un coupable. Cela n’est pas le problème. Des négociations sont engagées, il faut que les deux parties se mettent d’accord. Avoir raison et perdre n’est pas une solution.

Un second reproche est que Donetsk et Lougansk n’ont pas été invités à discuter de la constitution. Est-ce juste ?

Je viens de vous dire le contraire. Le parlement ukrainien a adopté une première loi. Nous avons soutenu ce fait comme un pas dans la bonne direction et nous considérons que le gouvernement ukrainien est souverain pour décider dans quelle direction il veut aller, mais les accords de Minsk lui font obligation de négocier maintenant le texte. Maintenant [Kiev] doit discuter avec les représentants du Donbass. Mais, encore une fois, pour trouver un compromis. Pas pour donner raison à l’un ou à l’autre. Donc les représentants du Donbass n’auront pas ce qu’ils veulent et les représentants de Kiev n’auront pas ce qu’ils veulent. Il faudra trouver une définition de la décentralisation qui convienne à tout le monde. Nous pensons que c’est possible.

Le projet de constitution adopté par le parlement le 16 juillet peut-il encore être modifié ?

C’est ce que j’ai compris. Et notamment dans son application à la situation particulière du Donbass. C’est tout l’objectif de la négociation. Là-dessus nous ne sommes pas en désaccord avec la Russie. C’est pour cela que nous trouvons encourageant le fait qu’hier le premier texte ait été soumis par les Ukrainiens aux représentants du Donbass.

Quels sont les sujets concernés par le document présenté par Kiev ?

La manière de mettre en œuvre la réforme constitutionnelle s’agissant des pouvoirs particuliers à donner au Donbass dans le cadre de la future constitution. Autrement dit, ce que je comprends, c’est que les Ukrainiens ont une loi générale sur la future constitution pour l’ensemble de l’Ukraine mais qu’ils soumettront à la discussion avec le Donbass la partie qui concernera en particulier le Donbass. Ce qui parait logique. Il reste un point important aussi qui est de discuter en même temps de l’organisation des élections locales pour désigner des élus régionaux dans l’ensemble du territoire de l’Ukraine, y compris dans le Donbass. Et ces élections doivent être organisées le même jour – nous considérons que c’est indispensable – et sous l’égide et le contrôle de l’OSCE. C’est dans les accords de Minsk.

Les accords parlent également de la restauration de liens économiques. Il y a des avancées concrètes ?

Oui, il y a des avancées. Sous la présidence d’un ambassadeur allemand du travail a été déjà accompli. Très concrètement Kiev et le Donbass travaillent sur trois projets : le premier pour rétablir la circulation de l’eau, l’approvisionnement en eau sur l’ensemble de la région sud-est, réparer les ponts, rétablir les tuyaux. Il y a un deuxième secteur sur lequel ils discutent ensemble, c’est le réapprovisionnement de la partie occidentale de l’Ukraine en charbon du Donbass contre la livraison d’électricité puisque, vous le savez, de façon schématique le charbon est à l’est et les centrales sont à l’ouest du pays. Et enfin nous travaillons sur un projet de création de banques mobiles pour permettre aux banques ukrainiennes de reprendre leurs financements à l’est, notamment pour le paiement des salaires et des pensions. Il reste quelques problèmes de sécurité à régler. Donc cela avance, doucement mais cela avance. Et c’est bien la preuve que les Ukrainiens et les représentants du Donbass parlent ensemble.

On sait déjà quelles banques vont participer ?

Il y en a. On ne va pas entrer dans le détail, je ne suis pas ambassadeur en Ukraine mais en Russie.

Malgré la crise ukrainienne, les relations franco-russes ne se sont pas détériorées radicalement. Comment est-ce que Paris parvient à maintenir des relations amicales avec Moscou ?

D’abord le monde est divers. Pourquoi la Russie devrait-elle avoir avec la France les mêmes relations qu’avec la Malaisie ou le Brésil ? La France et la Russie ont des relations depuis des siècles. Parfois tumultueuses. Nous nous sommes fait la guerre, mais nous avons aussi beaucoup combattu ensemble pour la liberté en Europe, et la France n’a pas oublié la contribution de la Russie à la libération de l’Europe au cours des deux conflits mondiaux. C’est pour cela que le Président de la République avait invité M. Poutine sur les plages de Normandie le 6 juin 2014. Cette fidélité dans l’amitié reste.

Cela n’empêche pas les désaccords. Et là encore il y a un sentiment en Russie que parce que nous ne sommes pas d’accord sur un sujet, il faudrait être ennemi. Cela n’est pas comme cela la vie réelle. Nous avons une très grande proximité économique bien sûr, politique aussi, culturelle – je vais vous donner un exemple. Cette année j’ai décidé que le 14 juillet nous ferions un événement ouvert aux Russes. Et bien nous avons eu 10 000 personnes, dont une majorité de Russes, pour venir faire la fête avec nous. Donc vous avez raison, nous avons une relation particulière. Nous en sommes fiers et nous en sommes heureux. Elle est faite de respect. Respect quand nous sommes d’accord et respect quand nous ne sommes pas d’accord.

Ces dernières années, la Russie a eu tendance à limiter sa coopération avec les pays occidentaux dans le domaine des sciences et de l’éducation. Ressentez-vous une pression de la part des autorités russes ?

Moi je lutte contre cela. Nous pensons que la Russie est en Europe. Nous avons besoin de la Russie, pour la paix, pour la sécurité, pour la prospérité de l’Europe et nous pensons que la Russie a besoin de l’Europe dans l’autre sens. Nous vivons à l’époque de la mondialisation. L’Europe représente 75% des investissements directs étrangers en Russie. L’Allemagne est son premier partenaire commercial, la France son quatrième, l’Italie le cinquième et l’Angleterre le sixième. Cela vous intéressera je pense, en ces temps de difficultés à l’université de Nijnii Novgorod [le président de l’établissement, américain, a été licencié à la suite d’une émission critique par la chaine publique Rossia 1], de savoir que nous avons même un vice-président d’université en France qui est russe. Dans ma ville de Grenoble. Il est vice-président de l’université Fourrier, une des plus grandes universités scientifique française et nous en sommes très heureux et nous espérons qu’il va rester très longtemps parce qu’il nous apprend beaucoup de choses. Un pays qui se referme est un pays qui s’appauvrit.

Selon vos données, de combien ont baissé les échanges commerciaux entre la Russie et la France ?

De 7 % environ. C’est beaucoup mais c’est moins que ce que l’on pourrait craindre pour 2014. Dans le même temps, la France est devenue le 4e investisseur en Russie. Donc il est probable que nos échanges changent un peu de nature. Cela a évidemment à voir avec les sanctions et les contre-sanctions, mais cela aussi à voir avec la situation économique de la Russie, la baisse du prix du pétrole, qui provoque de nouveau une baisse du rouble et rend plus cher les produits d’importation. Donc nos investisseurs sont intéressés par la politique de russification de l’économie prônée par le gouvernement et nous avons donc des investisseurs importants, des grosses compagnies françaises, qui sont intéressées pour venir investir en Russie. Je pense que c’est une tendance qui va durer. Et nos entreprises continuent à être extrêmement intéressées par la Russie, on l’a vu au forum de Saint-Pétersbourg récemment, beaucoup d’entrepreneurs français étaient là. Des accords ont été signés, d’autres le seront. Danone, Sanofi, IPSEN, Louis Dreyfus… tout ça sont de grandes compagnies internationales qui sont en train d’investir en Russie.

Même en période de sanctions on peut étendre la coopération économique ?

Mais les sanctions visent les personnes et les secteurs qui selon nous sont liés à une politique avec laquelle nous ne sommes pas d’accord concernant la Crimée et le Donbass. Il ne s’agit pas de sanctions contre les Russes ou contre la Russie. Et nous pensons que la crise en Ukraine se règlera et que la Russie reste un partenaire stratégique pour la France, bien sûr.

Les hommes politiques russes disent souvent que c’est la première fois dans l’histoire que les entreprises ont été contraintes de se soumettre à la politique et qu’il y a eu de la part des autorités politiques des pressions faites sur les entreprises pour sortir de Russie.

Je ne sais pas ce que cette phrase veut dire. Nous sommes un État de droit. Aucune pression n’est exercée sur les entreprises en dehors des secteurs soumis aux sanctions. L’année dernière, j’ai consacré plus de 50 % de mon temps à m’entretenir et à rencontrer des entreprises ou des responsables russes du secteur économique. C’est bien la preuve que nous n’incitons pas les entreprises à ne pas venir en Russie, bien au contraire. Beaucoup de gens disent beaucoup de choses, beaucoup de gens ne devraient pas être écoutés.

Ces derniers temps on parle beaucoup de grands dirigeants d’entreprises européennes qui quittent la Russie. Est-ce que c’est le cas de grands dirigeants d’entreprises françaises ?

Ce qui est vrai c’est qu’avec le ralentissement économique, et évidement un petit peu l’application des sanctions dans certains secteurs, la contraction des échanges fait que les entreprises françaises, comme toutes les autres, cherchent à réduire leurs coûts, et nous avons donc quelques cas où les entreprises ont substitué du personnel expatrié, qui est cher, par du personnel russe. Mais c’est tout. Nous n’avons observé le départ d’aucune entreprise française. Ce qui prouve bien que nous avons confiance dans le fait que l’économie russe sortira de cette crise.

Mais dans le domaine militaire il y a quand même eu un domaine que les sanctions ont affecté ?

Oui, il est sous sanctions.

Est-ce que la France et la Russie ont déjà rédigé un document pour sortir du contrat des Mistral ?

Nous avons suspendu, comme tous les pays de l’Union Européenne, notre coopération de défense et notre coopération militaire avec la Russie, dans tous les secteurs. Et ça continuera tant que la crise continuera en Ukraine. Quant aux Mistral, le Président de la République Française l’a encore redit il y a deux jours, nous discutons avec la Russie sur les modalités permettant de sortir de l’impasse actuelle.

Vous avez évoqué des sanctions qui étaient dirigées contre des personnes particulières. Est-ce que ces personnes se sont adressées à vous pour obtenir une levée de leurs sanctions personnelles pour pouvoir se rendre en France ?

Nous appliquons les sanctions et les personnes listées, qu’elles soient ukrainiennes ou russes, ne se voient pas délivrer de visa, sauf pour les personnes se rendant à des réunions d’organisations internationales ayant leur siège en France, comme l’UNESCO ou le Conseil de l’Europe. Il n’y a pas eu levé des sanctions pour l’instant donc nous appliquons les sanctions.

Est-ce que le fait de travailler au sein du pouvoir russe et des autorités russes influe ou non sur la possibilité d’obtenir un visa Shengen ?

Ce sont les autorités russes qui essaient d’empêcher les Russes de voyages à l’étranger. En 2014, la France a délivré 300 000 visas à des Russes. Il y a eu 1 % de rejet, presque toujours pour des raisons de procédure. Les visas ont été délivrés en moyenne en 3 jours, et 48 % des visas l’ont été pour un an ou plus. Donc nous faisons tout pour continuer à attirer les touristes russes ou les voyageurs ou les étudiants.

Et je vais même vous apprendre quelque chose, c’est que la France est redevenue le 3e pays d’accueil des étudiants, professeurs et chercheurs russes dans le monde, après l’Allemagne qui est très loin devant, et juste derrière les États-Unis. Donc nos portes sont grandes ouvertes.

Étant donné la crise actuelle, est-ce que l’évolution de la délivrance de visas a subi une baisse ?

Il y a une baisse du tourisme, oui, qui est liée à ces restrictions que le gouvernement impose à une certaine catégorie de Russes, mais il y a aussi les effets de la baisse de la valeur du Rouble en Euros. Et donc avec Atout France, l’agence française du tourisme, nous allons lancer des campagnes pour tenter d’attirer sur des modèles touristiques moins chers. Je crois que la baisse qui pourrait être liée à des raisons politiques est tout à fait marginale.

Et le 14 septembre il y a aura un nouveau système qui sera mis en place pour l’obtention des visas Schengen. Est-ce que ça veut dire que les gens qui vont demander un visa maintenant n’auront la possibilité d’avoir que ces quelques semaines de voyage  ?

Non. Jusqu’à la date d’entrée en vigueur, nous continuerons à appliquer le système tel qu’il existe et donc y compris avec des visas de circulation. La biométrie sera un progrès pour les touristes puisque les informations qui seront collectées pour délivrer un visa biométrique seront valables pendant 59 mois, soit cinq ans. Et nous avons augmenté le nombre de centres où on peut déposer les demandes de visa puisqu’en septembre nous en aurons 18 sur le territoire russe. D’ailleurs ça se passe très bien dans les autres pays du monde où nous avons introduit la biométrie y compris aux Etats-Unis, et d’ailleurs la Russie est en train d’introduire la biométrie pour ses propres visas à l’étranger. Donc c’est une tendance mondiale.

Encore une question à ce sujet. Est-ce qu’il y a eu un nombre accru ces dernières années de Russes qui demandent l’asile politique, ou simplement l’asile, en France.
Pas à ma connaissance, non. Conformément aux conventions internationales pour la protection des demandeurs d’asile, vous savez que les gouvernements s’engagent à ne jamais communiquer sur les demandeurs d’asile.

Revenons un peu à la politique. Au cours des dernières années on a vu beaucoup de remarques dans la presse sur la Russie qui fait des tentatives d’intervention sur la vie politique des pays européens. Par exemple, que la Russie est en train de former des lobbies, des groupes de pression, et on rappelle le cas de Marine Le Pen qui s’est vu accorder un crédit pour son parti.

Oui, 9 millions d’euros. Je ne suis pas sûr que cela aurait été autorisé en Russie d’ailleurs : si elle était Russe, Mme Le Pen serait probablement considérée ici comme un agent de l’étranger ?... Nous ne pratiquons pas ce genre de chose. La seule restriction pour les financements des partis politiques sont les dons faits par des gouvernements étrangers. Là il s’agit d’un prêt et d’une banque, même si nous avons notre avis sur l’indépendance de ladite banque. Certains membres du parlement se sont inquiétés de cette situation et une commission d’enquête parlementaire va être constituée. Mais c’est une affaire interne au parlement.

Est-ce que vous voyez une espèce de menace qui pèserait sur l’unité européenne du fait de cette action de la Russie ?

L’Europe s’est constituée sur la base de valeurs communes : la démocratie, l’État de droit, la promotion des droits de l’homme, la lutte contre toutes les formes de discrimination. Nous pensons que la démocratie, la liberté, est toujours plus forte que tout. Peut-être que c’est lu, malheureusement, par certains comme une faiblesse. Nous, nous pensons que c’est notre force. Nous avons confiance dans notre modèle politique et culturel. C’est celui qui nous unis. A l’intérieur de cet espace, chacun peut dire ce qu’il veut, dès lors qu’il respecte les lois de la démocratie, la liberté d’expression, la non-discrimination. Nous ne contrôlons pas les médias, nous ne mettons pas les journalistes en prison. Il y a des limites, décidées par les parlements et par la justice, mais les gouvernements ne s’en mêlent pas.

Et certains députés français ont décidé de profiter de leur liberté maximale pour entreprendre une visite en Crimée.

C’est la démocratie. Le gouvernement français a regretté cette décision qui nous paraît malheureuse. Mais sur la Crimée je voudrais dire quelque chose d’important, que ces députés ont passé sous silence, et les commentateurs russes aussi, et mes amis russes de la Douma que je connais bien aussi. La question n’est pas de savoir si la Crimée est ukrainienne ou russe. La question est de savoir si l’on peut accepter que la Russie ait pris la Crimée. Alors vous allez me dire qu’il y a eu un référendum. Oui, après que des forces militaires ont été déployées partout. S’il faut organiser un référendum en Crimée pour décider, que les Criméens s’en occupent, que les Russes et les Ukrainiens se mettent d’accord. Ce que nous, Européens, ne reconnaissons pas, c’est l’annexion et le rattachement à la Russie dont nous considérons qu’elle est contraire au droit international. C’est notre avis, en désaccord avec la Russie. Nous n’en changerons pas.

Laissez-moi vous poser une question : selon vous, les 600 000 Tatars de Crimée, ils sont Ukrainiens ou Russes ?

Savez-vous si d’autres délégations européennes vont se rendre à Moscou ?
Il était question qu’il y ait une réunion de la grande commission parlementaire et le président Narychkine en a parlé avec Bartolone, son homologue français. Et puis il y a eu un petit problème parce qu’on s’est aperçu que certain membres de la délégation du parlement français étaient sur la fameuse stop list russe, donc la réunion n’a pas pu avoir lieu, en juin je crois. Mais si une solution est trouvée à ce problème il est tout à fait possible que des réunions aient lieu à la rentrée. Au premier semestre 2015, je crois que j’ai eu quatre délégations officielles du parlement français qui sont venues, Sénat et Assemblée nationale. Donc les échanges sont très vivants. Et parmi eux est venu le président du Sénat, qui en France est protocolairement le troisième personnage de l’État.

publié le 05/08/2015

haut de la page