Entretien de Jean-Marc Ayrault avec « France Info »

Q – (Sur l’annulation de la visite de Vladimir Poutine en France)

R - La France demeure totalement ouverte au dialogue avec la Russie, c’était le cas avant, ce doit être le cas maintenant, parce que ce dialogue est indispensable. Nous sommes toujours disponibles mais dans un cadre très clair, c’est-à-dire avec beaucoup de franchise. Le Kremlin a souhaité reporter, cela ne veut pas dire qu’on ne se reverra pas et qu’on ne va pas se parler. Il est évident que cela va se faire et pour nous, Français, c’est indispensable.

Q - Quand vous dites que cela va se faire, un autre rendez-vous est-il prévu d’ores et déjà ?

R - Nous travaillons beaucoup et sur beaucoup de sujets. Je vais prendre un exemple : l’Ukraine est une question qui nous préoccupe avec évidemment la stabilisation dans cette région européenne. Dans le cadre du format Normandie qui réunit la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine, nous essayons d’avancer pour mettre en œuvre ce que l’on appelle les accords de Minsk. Une réunion sera-t-elle possible dans les prochains jours ? Je ne peux pas vous le confirmer aujourd’hui mais nous y travaillons, la France y travaille avec ses partenaires. Ces réunions ont lieu ces jours-ci pour vérifier s’il y a des avancées concrètes. S’il y a des avancées concrètes, alors il y aura une réunion et même un sommet. C’est indispensable et vous voyez, les solutions aux problèmes se font aussi dans le dialogue avec la Russie.

Q - Peut-on parler de crise diplomatique grave ?

R - Non. On ne peut pas dire cela. Nous sommes face à un défi considérable qui est celui de la paix en Syrie, de la paix au Moyen-Orient et de la lutte contre le terrorisme. La France est particulièrement concernée par ce combat, nous participons à une coalition contre Daech, nous combattons al-Qaïda et ses groupes comme al-Nosra et en Afrique Boko Haram. C’est notre combat commun avec beaucoup d’autres et je crois que nous pourrions le partager davantage avec les Russes. C’est ce que nous souhaitons mais pour cela, il faut sortir de cette logique qui est celle du soutien inconditionnel au régime de Bachar al-Assad./.

Photo : Jean-Marc Ayrault © Radio France / Anne Audigier

publié le 18/10/2016

haut de la page