Discours au Conseil de l’Europe

Le président de la République se rendra mardi 11 octobre à Strasbourg au Conseil de l’Europe où il prononcera une allocution devant l’Assemblée parlementaire. Il s’agit de la 1ère visite d’un chef d’Etat français depuis 1997.


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Extrait du discours - Strasbourg - Mardi, le 11 octobre 2016

Mesdames et messieurs les parlementaires, les valeurs du Conseil de l’Europe inspirent l’action diplomatique de la France aux frontières-mêmes de l’Union et de notre continent. En Ukraine, l’annexion illicite de la Crimée par la Russie et la déstabilisation de l’Est de l’Ukraine ont provoqué d’abord de nombreuses victimes et là aussi des milliers de déplacés.

Je me suis personnellement engagé, avec la chancelière MERKEL, dans le cadre de ce qu’on appelle le format Normandie, pour la recherche d’une solution diplomatique. C’est ce que l’on a appelé les accords de Minsk.

Je le dis tout net : les progrès sont trop lents et nous devons avancer sur les conditions politiques et sécuritaires qui permettront de tenir le plus rapidement possible, comme les accords de Minsk le prévoient, des élections à l’Est de l’Ukraine selon la loi ukrainienne et dans le respect des critères internationaux. Je suis prêt à tout moment, avec la chancelière MERKEL, à réunir le format Normandie avec le président POUTINE et le président POROCHENKO pour veiller à la pleine application des accords de Minsk. L’Ukraine elle- même doit prendre sa part des réformes attendues et je sais que le Conseil de l’Europe peut jouer un rôle utile pour l’accompagner.

Avec la Russie, la France a un désaccord majeur sur la Syrie. Le veto russe à la résolution française de sécurité a empêché la cessation des bombardements et la proclamation de la trêve. Les principales victimes sont les populations civiles, celles qui vivent sous les bombardements – meurent sous les bombardements. C’est la raison pour laquelle je considère que le dialogue est nécessaire avec la Russie mais il doit être ferme et franc. Sinon il n’a pas sa place, sinon, c’est un simulacre.

Je suis donc prêt à tout moment à rencontrer le président POUTINE, mais si nous avons la possibilité de faire avancer la cause de la paix, de faire cesser les bombardements et de proclamer la trêve, je veux aussi qu’il y ait, avec la Turquie, une discussion qui puisse s’engager ; là-encore parce que la Turquie fait l’effort principal pour l’accueil des réfugiés et parce que la Turquie est partie prenante d’une solution pour la Syrie.

(Réponse à un parlementaire de l’Assemblée du Conseil de l’Europe)

Monsieur POUTINE, président de la Russie, devait venir à Paris prochainement, pour un certain nombre d’inaugurations et de cérémonies. Je concevais cette visite uniquement si elle permettait de parler de la Syrie, et uniquement de la Syrie. Et j’ai fait savoir au président POUTINE que s’il devait venir à Paris, je ne l’accompagnerai pas pour les cérémonies, mais j’étais prêt à poursuivre le dialogue sur la Syrie. Il a préféré reporter cette visite, ce qui n’empêchera pas d’autres occasions de discussion, mais il ne viendra pas à Paris.

publié le 17/10/2016

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