Diner avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce D.Mantourov

Discours de l’Ambassadeur

Monsieur le Ministre, Cher Denis Valentinovitch,
Mrs les vice-Ministres,
Mrs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec un très grand plaisir que je vous accueille à la Résidence de France, pour un diner de travail qui honore toute notre communauté.
Les entreprises françaises que vous avez accepté de rencontrer ce soir sont pour certaines d’entre elles présentes en Russie depuis 150 ans. Et toutes entendent y rester malgré les difficultés économiques et les différends diplomatiques, parce, tout comme le gouvernement français, elles croient en l’avenir économique de votre pays.

J’ai eu l’honneur d’accueillir le 25 janvier à Moscou M. Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’Industrie et du numérique, et co-président du Conseil Economique Financier Industriel et Commercial (CEFIC). Cette rencontre, la première depuis 2 ans et demi, a permis de mesurer l’étroitesse et l’interdépendance de l’économie russe avec la nôtre et avec l’UE plus généralement, mais aussi d’évoquer les partenariats industriels qui continuent à s’approfondir.

Je voudrais à cet égard souligner que les derniers chiffres disponibles de la Banque centrale montrent que sur les neuf premiers mois de 2015 comme en 2014 la France a été le premier pourvoyeur de flux d’IDE (Investissement Direct Etranger) en Russie, derrière les Bahamas et les îles vierges britanniques.

Il est également important de noter qu’en 2015 les IDE français se sont maintenus à un niveau constant en volume alors que les IDE globaux en Russie diminuaient fortement, y compris en provenance de Chine.

Derrière ce constat, il y a un message fort : c’est que les entreprises françaises sont pour la Russie des partenaires fiables et de long terme, présents dans les bons comme dans les mauvais jours.

Les entreprises illustrent parfaitement ce message : dans leur quasi-totalité, elles ont choisi d’implanter des unités de production en Russie, ou s’apprêtent à le faire.

o C’est le cas du secteur aéronautique, un secteur qui vous est cher, M. le ministre .
Le Superjet 100, exemple de coopération industrielle emblématique entre la France et la Russie, a ainsi déjà remporté un certain succès, au Mexique notamment. Je sais que le MinPromTorg a joué un rôle-clef dans ce projet, tout comme certaines entreprises présentes ce soir comme Safran et Thalès.

Je salue également les coopérations initiées en matière d’hélicoptères, comme en témoignent la signature, en marge du CEFIC, de MoU entre Airbus Helicopters et Turbomeca et leur partenaire russe, Ural Works of Civil Aviation, pour un hélicoptère d’évacuation sanitaire. Mais n’oublions pas que le secteur aéronautique, c’est aussi une multitude de PME souvent à la pointe de la technique : un exemple nous est fourni par Porcher, présent également ce soir.

o Dans le secteur du transport ferroviaire : l’activité d’Alstom-Transport en Russie est fondée sur un partenariat avec Transmashholding (TMH), 1er fabricant russe de matériel ferroviaire. Alstom détient depuis peu 33% de TMH. Les principales réalisations de ce partenariat sont les locomotives électriques EP20 (passagers) et 2ES5 (fret) dont RZD a commandé 200 exemplaires de chacune.

o Dans le secteur automobile, il y a la présence notamment de Renault qui est un acteur majeur du marché automobile russe, directement, mais aussi en tant qu’actionnaire de référence d’AvtoVAZ. Mais à côté des constructeurs automobiles, ce sont aussi les équipementiers français qui participent à l’industrialisation en Russie comme Valeo qui compte plusieurs usines en Russie.

o Dans le secteur de la santé, SANOFI est présente en Russie depuis 45 ans. C’est la première entreprise étrangère à avoir fait le choix d’y localiser une production de médicaments de haute technologie. Pour l’entreprise, l’usine d’Orël est le deuxième site de production d’insuline au monde et 2016 sera la première année d’exportation d’insuline SANOFI fabriquée en Russie.

Mais c’est aussi IPSEN et SERVIER, deux autres groupes français dans la pharmacie qui ont cru en la Russie. La société SERVIER possède à Moscou sa 1ère filiale à l’étranger, avec une implantation locale forte : un centre de recherches cliniques de 60 salariés, un réseau de représentants régionaux et une usine de médicaments située à Sofino.

IPSEN, présent en Russie depuis 1993 à travers une filiale de distribution employant plus de 300 personnes dans plus de 30 villes, a fait le choix en 2015 de localiser une partie de sa production (Tanakan) en Russie à travers un accord de coopération industrielle avec le groupe russe ROSTA.
Dans le secteur connexe des soins personnels, il faut bien entendu citer l’Oréal, qui la semaine dernière a signé un accord pour étendre son usine de produits capillaires de Kalouga.

o Je le disais tout à l’heure : la présence française est multiforme. Elle comprend aussi bien des entreprises multinationales de l’industrie lourde, comme Lafarge Holcim, un des premiers cimentiers mondiaux, mais aussi des PME comme Kuhn, entreprise de machinisme agricole, qui après avoir exporté ses machines vers la Russie pendant plusieurs années, s’apprête maintenant à construire une usine ici, ou encore des entreprises de services à l’industrie comme le Bureau Véritas qui emploie plus d’un millier de personnes en Russie.
Enfin, je citerai pour finir un exemple de ce que l’on peut qualifier de vraiment long terme avec Fives, entreprise d’ingénierie industrielle déjà présente en Russie en 1852, date à laquelle sa première usine a été créée à St Petersbourg sous le nom de JF Cail.

M. le Ministre,
Je souhaite que toutes les entreprises présentes ce soir connaissent la même longévité en Russie. L’objectif de notre rencontre est de montrer que la coopération industrielle franco-russe fonctionne et qu’elle a un bel avenir devant elle.
Nous ne pourrons bien sûr pas aborder tous les sujets au cours de ce seul diner et j’espère que les discussions se prolongeront ultérieurement entre les entreprises et votre ministère, notamment par l’intermédiaire des vice-ministres et des directeurs qui vous accompagnent ce soir.

Monsieur le Ministre, je vous remercie encore d’avoir accepté mon invitation et je vous laisse la parole.

publié le 29/03/2016

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