Conférence sur les victimes de violences au Moyen-Orient

Conférence sur les victimes de violences religieuses et ethniques au Moyen-Orient

Mesdames et Messieurs,

La Conférence de Paris vient de s’achever, conférence sur les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient que nous avons co-présidée avec mon ami le ministre des affaires étrangères de Jordanie, Nasser Judeh.

Vous savez dans quelles conditions nous avons réuni cette conférence, avec 60 États, 15 organisations internationales. L’idée, qui je crois a été respectée, c’est d’adresser un message de détermination. Nous ne laisserons pas la diversité millénaire du Moyen-Orient disparaître sans réagir parce qu’il y a des terroristes qui s’appellent Daech ou d’autres noms.

Nous voulions, à travers cette réunion et les travaux qui ont été ceux de cette réunion, à la fois les travaux préparatoires et les conclusions, montrer une détermination de tous les participants à dire que le Moyen-Orient est une région où la diversité historique, millénaire, doit être respectée. C’est le premier message.

Le deuxième message est un message d’action. Nous avons arrêté un plan d’action qui recense, sur trois aspects, ce que différents intervenants peuvent et doivent faire. Les rapports ont été établis dans des tables rondes présidées par l’Italie, le Liban et l’Irak. Un aspect porte sur l’accompagnement humanitaire pour permettre le retour des déplacés. Un autre aspect, très important, porte sur la lutte contre l’impunité des terroristes. Enfin un aspect, avec toute une série de propositions, porte sur la promotion d’un cadre politique qui est nécessaire à la réconciliation et la pérennisation de cette diversité.

Le Plan d’action de Paris trace une voie d’action, avec toute une série de mesures concrètes et de principes qui visent à inspirer l’action de la communauté internationale pour répondre à la menace qui pèse sur les populations au Moyen-Orient.

Détermination donc, actions concrètes et aussi urgence parce que le terrorisme n’attend pas, malheureusement, et les populations, au moment même où nous parlons, sont soumises à des exactions extrêmement graves.

De nombreuses contributions nationales sont faites ou vont être faites. À titre national, la France a décidé la création d’un fonds national d’urgence d’un montant de 10 M€ pour financer des actions en matière de logement, d’éducation, de santé, de déminage et de lutte contre l’impunité. Cela vise notamment la réhabilitation du camp de déplacés de Bardarash, qui accueille près de 9.000 personnes ; la construction d’une école destinée à accueillir plusieurs centaines d’enfants ; la mise à disposition de logements pour des déplacés à Erbil, en appui d’un projet de l’Œuvre d’Orient ; et différentes actions d’aide au déminage en appui des forces irakiennes et à Kobané.

L’AFD, notre agence française de développement, consacrera 15 M€ supplémentaires à des projets au Liban, en Jordanie et en Irak au bénéfice des réfugiés et des communautés hôtes. Bien évidemment, ce fonds peut être abondé : je pense en particulier aux collectivités territoriales de France qui sont très sensibles à ce thème de la lutte contre les violences ethniques et religieuses et qui peuvent nous aider.
Nous sommes très engagés en faveur de la protection et la sauvegarde du patrimoine culturel en Irak et Syrie. Il y a des travaux de cartographie du patrimoine des communautés d’Irak et de Syrien, avec des financements de la mission de l’UNESCO sur la préservation du patrimoine en danger.

De la même façon, nous avons décidé, au plan judiciaire, de ne pas baisser les bras et de poursuivre, dans toute la mesure du possible, les responsables de ces crimes en justice, à titre national quand cela est de notre compétence, et en facilitant la documentation sur ces crimes. Nous poursuivrons notre effort pour que la Cour pénale internationale soit saisie.

Enfin, au plan politique, vous connaissez notre engagement en faveur de la réconciliation nationale irakienne et en faveur d’une transition politique en Syrie.

publié le 15/07/2016

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