Conférence d’Antoine Compagnon [ru]

Le 22 mars, le célèbre historien de la littérature française donnera une conférence ouverte sur le thème : « Tous égaux devant la mort : les écrivains face à la Première Guerre mondiale ». La conférence aura lieu dans la salle des Actes du bâtiment central de l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg.

JPEGAntoine Compagnon (né en 1950), professeur et historien de la littérature française, est l’un des grands intellectuels de la France contemporaine. Après de brillantes études d’ingénieur (Ecole polytechnique, Ponts et Chaussées) il se tourne vers une carrière littéraire, au début de laquelle il rencontre Roland Barthes, de qui il sera très proche et qui influencera son approche de la littérature.

Docteur d’Etat ès lettres, Antoine Compagnon a été professeur de littérature française à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et à l’université Columbia (New York) et professeur invité dans de nombreuses universités. Depuis 2006, il occupe au prestigieux Collège de France la chaire de « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie ».

Il a publié une vingtaine d’ouvrages de critique littéraire où il interroge les œuvres d’un large éventail d’auteurs : Montaigne, Proust essentiellement, mais aussi Baudelaire et Roland Barthes. Parmi ses derniers ouvrages, on peut citer Baudelaire l’irréductible (Flammarion, 2014) et La Grande Guerre des écrivains (Gallimard, 2014). Il réfléchit également sur les concepts d’auteur et de modernité, le rôle d’internet dans la culture contemporaine, le rôle de la littérature dans le monde contemporain. Il est aussi romancier, essayiste et chroniqueur, ce qui illustre la variété de son talent.

Tous égaux devant la mort : les écrivains face à la Première Guerre mondiale

La Grande Guerre a été qualifiée de première guerre moderne, industrielle et démocratique. Des millions de soldats furent tués sans avoir tué, sans avoir eu l’occasion de tirer un seul coup de fusil. La plupart ne virent jamais l’ennemi. Mutilés, tués par les éclats d’obus, ils furent des victimes, non des héros. Les images de bétail, troupeau, abattoir furent fréquentes, comme dans Le Grand Troupeau de Giono (1931). Drieu la Rochelle insista sur le caractère démocratique de la guerre moderne, par opposition de la guerre éternelle, celle de l’Iliade, de la chevalerie médiévale, et même des guerres napoléoniennes, où le caporal devenait maréchal : « C’est une guerre pour bureaucrates, ingénieurs ; elle n’a rien de noble ; c’est une guerre démocratique. »

Savoir plus sur le site de l’Institut français à Saint-Pétersbourg

publié le 17/03/2016

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