Communiqué franco-britannique sur la Syrie

Communiqué conjoint sur la Syrie du 28 juillet 2016.

Lors de leur entretien de ce jour, Jean-Marc Ayrault et Boris Johnson ont évoqué la situation dramatique en Syrie.

Ils ont condamné avec la plus grande fermeté la poursuite du siège d’Alep par les forces du régime syrien et ses alliés. Le siège de cette ville, où près de 300.000 habitants sont encore pris au piège, rend impossible une reprise des négociations de paix. Ses conséquences, dont le bombardement des civils et des installations médicales, sont déjà désastreuses, et risquent de provoquer le départ de nouveaux réfugiés.

Les ministres ont appelé solennellement les alliés du régime syrien à faire cesser immédiatement ces opérations qui violent la trêve agréée à Munich et le droit international humanitaire. Ils ont demandé que soit restauré, intégralement et de toute urgence, l’accord de cessation des hostilités, et que des progrès vers la mise en place d’une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs soient faits.
Ils ont salué, à cet égard, l’esprit de responsabilité de l’opposition, rassemblée au sein du Haut comité de négociations, qui doit confirmer sa disposition à participer activement aux négociations inter-syriennes. Ils ont également réaffirmé leur soutien à l’Envoyé spécial des Nations Unies Staffan de Mistura.

Les ministres ont rappelé l’engagement pris par tous les membres du Groupe international d’appui à la Syrie, avec le soutien de la résolution 2254 du Conseil de sécurité, de parvenir à un accord sur un processus de transition politique d’ici le 1er août, dans le contexte d’une cessation des hostilités et d’une amélioration de l’accès humanitaire. Les ministres se sont félicités des efforts que les États-Unis continuent de déployer pour collaborer avec la Russie afin de trouver un accord d’ici cette échéance, en coordination avec les Nations unies. Les ministres ont souligné que seule la Russie a la capacité de convaincre le régime de Bachar el-Assad de mettre fin à la guerre et de revenir à la table des négociations.

Les ministres ont insisté sur la nécessité d’accroître les efforts menés pour lutter contre les groupes terroristes en Syrie, qu’il s’agisse de Daech ou de Jabhat al Nosra. Ils ont rappelé qu’il n’y aura pas de solution politique pérenne, ni de de retour à la stabilité en Syrie, tant que les civils syriens se feront massacrer.

Proposition russe de mettre en œuvre des "couloirs humanitaires" à Alep

La situation à Alep est toujours motif de vive préoccupation pour la France et la communauté internationale. La ville est assiégée et sa population sous le coup de bombardements et de privations de nourriture et d’aide humanitaire.

Le droit international humanitaire exige que l’aide puisse être acheminée de toute urgence.

Dans ce contexte, l’hypothèse de "couloirs humanitaires" qui consisteraient à demander aux habitants d’Alep de quitter la ville n’apporte pas une réponse crédible à la situation.

Les habitants d’Alep doivent pouvoir rester chez eux en sécurité et bénéficier de toute l’aide dont ils ont besoin. Telle est la priorité.

publié le 18/08/2016

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