"Climat : un Accord et puis ? Ne nous arrêtons pas la !"

Tribune de l’Ambassadeur dans "Kommersant"

La lutte contre le réchauffement climatique est une lutte de tous les instants. La Russie et la France y participent dans un cadre multilatéral et dans leur coopération bilatérale quotidienne. De fait, huit mois après l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, nous sommes face au défi de réussir la mise en œuvre de ce texte historique qui doit animer notre combat quotidien. La France en tant que Présidente de la COP 21 et la Russie forte de son engagement, par leur savoir-faire, ont été des acteurs-clefs des négociations. Aujourd’hui ils contribuent au travail de pédagogie et poussent à la réussite ambitieuse de cet Accord. La Russie a permis qu’ambition et opérationnalité en soient les maitres mots et que la forêt y ait une place entière.

La lutte contre le réchauffement climatique est une lutte de tous les instants. La Russie et la France y participent dans un cadre multilatéral et dans leur coopération bilatérale quotidienne. De fait, huit mois après l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, nous sommes face au défi de réussir la mise en œuvre de ce texte historique qui doit animer notre combat quotidien. La France en tant que Présidente de la COP 21 et la Russie forte de son engagement, par leur savoir-faire, ont été des acteurs-clefs des négociations. Aujourd’hui ils contribuent au travail de pédagogie et poussent à la réussite ambitieuse de cet Accord. La Russie a permis qu’ambition et opérationnalité en soient les maitres mots et que la forêt y ait une place entière.

Mais nous devons aller plus loin !

La Russie, comme l’Europe, n’est pas épargnée par le changement climatique : feux, sécheresse, libération de méthane et apparition de maladies infectieuses dans le contexte de la fonte du pergélisol. Par sa stature internationale et par sa capacité à faire le lien entre les pays du Nord et les pays du Sud, la Russie a un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre de cet accord.

Notre volonté commune est de contenir la hausse de la température moyenne en-deçà de 2°C, voire de 1,5°C. Les moyens nécessaires devront être mis en place, à savoir 100 milliards de dollars chaque année à partir de 2020, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique qui nous menace. Les outils existent et c’est à nous de les mettre en place : prix carbone, technologies vertes et innovation,…

2016 a été, en premier lieu, l’année de la signature de cet accord avec un événement historique le 22 avril à New York : la France et la Russie avec 173 autres Etats ont signé cet accord.

Avec ces signatures engrangées, 2016 est devenue l’année du lancement de sa ratification, avec l’objectif qu’il soit rapidement ratifié par au moins 55 Etats représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En France, c’est chose faite. Avec la ratification annoncée de la Chine et des Etats-Unis, ce sont 42% des émissions qui sont désormais inclus. L’objectif pourrait donc être atteint dès cette année. Le président François Hollande l’a souligné : « Nous avons remporté un premier succès, puisqu’avant même que le G20 n’ait commencé, la Chine, et les Etats Unis, qui sont les gros émetteurs, ont annoncé leur ratification. Donc, à la fin de l’année, la plupart des grands pays doivent ratifier les accords de Paris pour qu’on mette en œuvre nos engagements. » La France renouvelle son appel en ce sens à la Russie.

2016 doit aussi être l’année de la montée en puissance des actions portées par la société civile. C’est l’objectif du Plan d’Action mondial pour le Climat : déjà 70 initiatives portées par des territoires qui regroupent plus d’un milliard d’habitants, 420 investisseurs, 2 025 entreprises. Tous les secteurs sont concernés : énergie, agriculture, industrie, finance, assurances, transports, villes, forêts, eau, résilience et prévention des catastrophes.

Clairement au niveau mondial et aussi en Russie, il y a un « avant » et un « après » Paris.

Des économistes placent le dérèglement climatique en tête des risques. De grands groupes énergétiques ont rendu leur stratégie compatible avec une trajectoire « 2°C ». D’importants investisseurs exigent la prise en compte des enjeux de long-terme liés au dérèglement climatique. Des coalitions multi-acteurs ont été lancées, par exemple, pour restaurer 150 millions d’hectares de forêts d’ici 2020 ou encore pour fabriquer un véhicule électrique à moins de 7 000 dollars.

En Russie, des entreprises russes ont multiplié les appels à la mise en place d’un prix du carbone, de solutions financières et technologiques. La ville de Moscou a lancé sa stratégie écologique et a rejoint l’association mondiale C40 dont la Maire de Paris est devenue récemment la présidente. C’est un début et il faut que cette mobilisation s’accélère. Les entreprises russes et étrangères travaillant en Russie, les collectivités locales russes et françaises doivent continuer leurs efforts et développer les coopérations et les nouvelles technologies nécessaires. Nous devons agir sur tous les terrains dont les transports aérien et maritime.

C’est à nous de maitriser et d’atténuer les impacts du changement climatique sur nos vies quotidiennes.

La France et la Russie doivent poursuivre cet effort conjointement en incitant leur société civile à participer au Plan d’Action mondial pour le Climat et en préparant la mise en œuvre de leurs contributions nationales respectives. L’agenda de la rentrée sera dense : A New York, où la Climate Week se tiendra en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies, mais aussi, à Moscou, où se déroulera du 12 au 16 septembre, comme dans d’autres capitales, la Climate Diplomacy Week à l’initiative de l’Union Européenne. Cette semaine vise à nouer des liens étroits entre les gouvernements, les acteurs économiques et la société civile sur la thématique de la lutte contre le changement climatique. Plus particulièrement, le 14 septembre matin à la Skolkovo School of Management les acteurs économiques russes et européens se rencontreront pour développer les coopérations et les outils de demain.

C’est dans cet esprit de dialogue, d’échanges et de coopérations économiques mutuellement profitables que la France a inscrit depuis longtemps son action en Russie. Nous espérons que demain offrira encore de nouvelles opportunités pour renforcer ce partenariat bénéfique.

Lire en russe sur le site de "Kommersant"

publié le 21/09/2016

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