Allocution du président de la République sur l’égalité des genres

New York, ONU – Dimanche 27 septembre 2015

Monsieur le Président de la République populaire de Chine,
Madame la représentante de la Commission Femme des Nations Unies,
Mesdames,
Messieurs,

Je salue d’abord l’initiative qui a été prise par le président Xi JINPING et le secrétaire général pour l’organisation de ce sommet. Il y a 20 ans, une conférence à Pékin faisait souffler un esprit nouveau dans le monde. Des progrès considérables ont pu être accomplis et ici, vous en avez donné de nombreux exemples. Et pourtant 20 ans après, 65 millions de jeunes filles ne sont toujours pas scolarisées, 80 % des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes et 1 femme sur 3 dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles. Voilà aussi le résultat qui nous accable et qui justifie cette nouvelle initiative.

Que devons-nous faire, quels objectifs devons-nous nous fixer ? Le premier, c’est de promouvoir la place des femmes parce que c’est une chance pour le développement. Promouvoir la place des femmes est inscrit dans l’agenda post-2015 pour le développement durable. L’enjeu, c’est de permettre à toutes les jeunes filles dans le monde d’aller librement à l’école, d’accéder à l’emploi, de pouvoir également devenir créatrices d’entreprise et, donc, de pouvoir être autonomes, indépendantes pour leur vie. C’est une chance pour le développement du monde que d’avoir davantage de femmes formées, actives et capables de réussir.

Le deuxième objectif, c’est de promouvoir la place des femmes pour la paix. Il y a 15 ans, le Conseil de Sécurité a adopté une résolution, la 1325, qui reconnaissait l’impact démesuré des conflits armés sur les femmes. Nous en avons hélas ces derniers mois une terrible illustration. En Syrie, ce sont les femmes qui subissent les pires atrocités du régime comme du groupe Daech : les viols, les mariages forcés, la prostitution sont le quotidien des régions contrôlées notamment par le groupe Daech. En Afrique de l’Ouest, Boko Haram enlève les jeunes filles, utilise la violence sexuelle comme une arme de guerre et même dans les camps des réfugiés, nous constatons que les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables. Alors nous devons nous mobiliser et c’est ce que nous allons faire au cours de cette Assemblée générale pour renforcer les moyens du Haut Commissariat aux Réfugiés, pour trouver une solution à ce qui se passe en Syrie, pour aider les pays d’Afrique de l’Ouest à lutter contre le terrorisme, parce qu’arrêter la guerre, c’est mettre un terme aux souffrances des femmes.

Promouvoir aussi la place des femmes, c’est agir pour la planète. Vous savez qu’à Paris va se tenir la conférence sur le climat et nous avons pu d’ores et déjà constater que les injustices climatiques renforcent encore les inégalités, créent des déplacements, des exils, des réfugiés. Nous avons également pu constater que ce sont les femmes qui peuvent être les plus capables de jouer un rôle pour trouver des solutions à la lutte contre le réchauffement climatique et à la préservation pour l’environnement. Et c’est la raison pour laquelle je demanderai que dans les moyens financiers que nous dégagerons dans la conférence de Paris, les projets présentés par les femmes soient considérés comme prioritaires.

Le dernier objectif, c’est de promouvoir la place des femmes parce que c’est agir pour la dignité des hommes et des femmes. J’appelle donc à la ratification universelle de la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes. Plus de 200 millions de femmes sont aujourd’hui dépourvues d’accès à la contraception. Elles sont également très nombreuses à être victimes de mutilations sexuelles. Je ne le dis pas pour m’ingérer dans des questions qui seraient culturelles ou religieuses, je le dis parce que c’est un droit fondamental que de permettre aux femmes de choisir librement le nombre de leurs enfants.

Mais si nous voulons que ces objectifs deviennent véritablement des mots d’ordre pour la communauté internationale, si nous voulons qu’ils puissent être atteints, il y a une manière de faire : faire accéder beaucoup plus de femmes aux responsabilités des pays qui composent la communauté internationale, assurer la parité à tous les niveaux de l’administration et de la politique. Si je peux donner un exemple : en France, le gouvernement que j’ai choisi, est composé de plus de femmes que d’hommes.

Merci.

publié le 30/09/2015

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